mardi 6 juin 2017

La petite idée qui change tout !

J'ai conclu mon dernier message (oui bon je sais ça fait plus d'un an mais comme nous allons le voir le temps est très relatif) en disant que personne n'entrera jamais dans le Royaume, et il s'agit d'une super bonne nouvelle, car cela veut dire que personne n'a jamais quitté le Royaume.

Il y a là une idée qui a bouleversé mon chemin spirituel et que j'ai vraiment envie de partager.
Durant la majeure partie de mon cheminement, je me suis vu comme un petit être isolé dans l'univers à la recherche du Royaume perdu. Le Royaume devenait un but à atteindre dans le futur et c'est exactement ce qui s'est passé, le Royaume n'était jamais là, il était toujours dans le futur.
Voyant que cette quête était stérile et sans fin, je me suis ouvert à une nouvelle idée : "et si le Royaume était déjà là maintenant, et si je ne l'avais jamais quitté ?".

Cette idée qui peut sembler pure folie aux yeux de l'égo a instantanément touché mon cœur, là pour la première fois le Royaume devenait palpable, il n'était plus un but à atteindre, il était déjà en moi et moi en Lui.
La séparation avec le divin n'a jamais été réelle, il s'agit d'un rêve, le rêve d'Adam ou du Fils de Dieu...et le Fils unique de Dieu c'est toi qui lis ces lignes, oui toi pas quelqu'un d'autre qui serait né il y a environ 2000 ans ;-) Si la séparation n'est pas réelle alors même le temps est une illusion, le temps est une pure création du rêveur. C'est l'ultime illusion qui maintient toute la structure du rêve.
Chercher la réalisation dans le futur ne fait que maintenir le rêve et le rendre réel.

Pour résumer il y a deux idées qui me semblent radicales et qui vont faire transpirer nos égos :-)
1. Nous sommes déjà Dieu, Christ, Bouddha, Soi, Éveillé etc.
2. La libération c'est MAINTENANT et uniquement maintenant, il n'y aura jamais de libération dans le futur.
"Rien de réel ne peut être menacé.
 Rien d’irréel n'existe.
 En cela réside la paix de Dieu." Un Cours en Miracles





vendredi 20 mai 2016

Un royaume sans roi

Il existe un lieu de paix et de liberté absolu qu'on peut appeler le Royaume. Ce lieu est toujours présent du premier au dernier jour de notre vie, il s'étend sur toute la terre mais "les hommes ne le voient pas" pour reprendre les paroles de Saint Thomas.
Alors pourquoi ne voit-on jamais le royaume ? Car il s'agit d'un royaume sans roi et cette idée est insupportable pour celui qui cherche le royaume, pour celui qui veut en faire une histoire personnelle (égotique) et qui dit "un jour je rentrerai dans le royaume, un jour je serai le souverain".

Hélas (ou plutôt heureusement) celui qui veut posséder le royaume n'y aura jamais accès, c'est comme cela que je comprends la parabole de Jésus "il est plus facile pour un chameau de passer à travers le trou d'une aiguille que pour un riche d'entrer dans le royaume".
Dans cette parabole je ne vois pas le mot riche désigner seulement la dépendance matérielle, oh que non ;-) Il s'agit surtout de nos richesses conceptuelles, tous ces merveilleux concepts qu'on appose sur ce que devrait être le royaume.
Or nous sommes 7 milliards sur cette terre à vouloir réaliser l'impossible, à être la première individualité qui entrera dans le royaume. 7 milliards de visions différentes du royaume, c'est magnifique une telle diversité, c'est la puissance divine !

Pourtant le royaume nous y retournons chaque soir dans le sommeil profond, dans ce moment de grâce où le possesseur, celui qui veut être le roi, est lâché d'un coup par Dieu. Puis au petit matin le possesseur se réveille, il n'a aucun souvenir du royaume car justement il n'était pas présent. Et inlassablement il reprend sa quête "aujourd'hui je vais attaquer le royaume de telle façon, ouai ça c'est la bonne approche !".

C'est le jeu divin, qui n'a jamais eu de début et qui n'aura jamais de fin, c'est l'espoir sans fin de pouvoir entrer dans le royaume. C'est l'éternelle histoire d'amour de la créature envers le créateur.

Puis un jour l'accident divin se produit et le possesseur est définitivement emporté par Dieu, le royaume qui a toujours été là apparait ! Il ne reste plus que paix joie et amour mais plus personne pour en faire une possession ou une histoire personnelle.
C'est la paix qui ne connait pas la paix...
C'est la joie qui ne connait pas la joie...
C'est la connaissance qui ne connait pas la connaissance...
C'est l'absence de l'absence...

Alors que faire ? Rien justement, reste juste tranquille avec ce jeu divin :-)

"Connais-toi comme tu te connais dans le sommeil profond" Karl Renz

vendredi 22 mai 2015

Garçon, un dernier avantage pour la route !

Une étude scientifique sur des bactéries a montré que le moteur principal de leurs actions était la recherche du plaisir.
Finalement l'être humain est assez proche d'une bactérie, nos actions sont toujours calculées, orientées dans un but précis, et ce but c'est d'obtenir du plaisir ou un avantage !
Cette recherche du mieux peut sembler légitime, mais en réalité elle cache une idée terrible : "ce que je vis maintenant n'est pas assez bon". Du coup nous ne sommes jamais vraiment au contact du réel, notre regard est toujours tourné vers l'avenir et il y a une sorte d'insatisfaction chronique qui se met en place.
Quand la bible dit que Dieu a fait l'homme à son image, qui croit à cette merveilleuse révélation ? Cette promesse semble bien trop belle pour oser y croire, on préfère l'oublier et la remplacer par des paroles du genre "les bons iront au paradis et les mauvais en enfer". Et ça y est comme ça la quête spirituelle et temporelle peut reprendre, un jour je serai sauvé... un jour le méchant sera puni... un jour ceci... un jour cela...

Avec un peu de lucidité, on réalise que c'est justement cette quête du plaisir, de l'amélioration qui crée de la souffrance. Ce ne sont jamais les situations qui nous font souffrir, comme le dit Arnaud Desjardins nous n'avons aucun problème avec notre patron, notre femme ou notre santé...par contre nous avons un immense problème avec nos projections mentales sur ce que devrait être notre patron, notre femme ou notre santé !

Tant que la pensée qu'il y a quelque chose à gagner ou à perdre dans le jeu de la vie sera présente, il n'y aura pas de libération possible.
La libération ce n'est pas passer du point A au point B, c'est réaliser que nous sommes déjà parfait au point A. Après rien n'empêche de passer au point B, en étant conscient que ce passage est juste un jeu, une divine comédie.

"Ne rends pas ton présent misérable en t'inquiétant d'un futur heureux"
Chandra Swami

lundi 12 janvier 2015

Et moi je suis quoi dans tout ça?

Tout va trop vite...
Il y a quelques jours je voyais la société communier dans l'esprit de Noël, mettre en avant le partage et la fraternité entre tous, et j'avais envie d'y croire, de faire comme les autres ! Alors je communie, j'essaye d'être un peu plus sympa, un peu plus tolérant, un peu plus généreux avec mon prochain.

Les festivités passées, étant sur le point de pouvoir enfin me rendormir, tous les regards se tournent vers la France suite au carnage de Charlie Hebdo !
Une nouvelle vague émotionnelle remplit la société, et paf rebelote comme pour Noël je me fais aspirer par cette lame de fond, cette fois ce n'est pas la fraternité mais la colère, l'indignation et surtout une énorme fascination morbide qui me submerge.

Finalement je suis quoi moi dans tout ça, juste un réceptacle émotionnel qui réagit au stimuli extérieur? Un caméléon qui adopte systématiquement les mêmes teintes que son entourage?

Ce cirque a commencé dès ma naissance, mes parents m'ont donné un nom et j'ai vraiment cru que j'étais ce nom. Mes profs m'ont inculqué ce qu'était le monde et j'y ai cru, les prêtres m'ont dit ce qu'était le bien et le mal et j'y ai cru...

Toute la société s'est déversée en moi et j'y ai cru. Mais finalement je suis quoi moi dans tout ça?
Alors je tourne le regard vers l'intérieur et la seule chose que je vois c'est une présence silencieuse, un si simple et pourtant si extraordinaire et indescriptible sentiment d’Être.

Et là oui, pour la première fois je me reconnais vraiment, ce truc indescriptible c'est moi !
<< Je ne suis pas un disque dur, je suis un cœur tendre >> Thierry Vissac
<< Vous n'avez besoin de rien pour être heureux, mais vous avez besoin de quelque chose pour être triste !>> Citation trouvée sur le net...

vendredi 18 juillet 2014

Redescendre sur terre pour mieux s'élever...

Depuis quelques temps je relis des livres qui m'avaient bien inspirés, et je prends conscience d' un phénomène que beaucoup de chercheurs spirituels ont constatés avant moi, c'est que je passais complètement à côté des principes essentiels. Mon esprit ne retenait que ce qui l'intéressait, c'est-à-dire les grandes explications sur la vie après la mort, sur le temps, sur les super pouvoirs d'un être éveillé etc.

Tout ça c'était bien joli mais ça ne m'étais pas vraiment d'une grande utilité au quotidien, quelque chose en moi cherchait désespérément le concept ultime qui m’élèverait d'un coup jusqu'à Dieu. Je crois que ce concept j'aurai pu le chercher jusqu'à la mort sans jamais le trouver.
Je remarque aussi qu'il y a toujours eu une forme de délire dans mes interprétations, par exemple quand je lisais un texte qui dit que la vie est une illusion, que nous sommes tous des rêveurs perdus dans le rêve, j'avais l'impression avec probablement une petite pointe d'orgueil de super bien comprendre le truc. Par contre j'avais beaucoup plus de mal à admettre que celui qui comprend bien le truc c'est justement le rêveur, c'est le petit moi illusoire qui ne s'éveillera jamais :-)
Il ne s'agit pas de dénigrer ce petit moi qui est plutôt sympathique et qui fait partie intégrante du jeu de la vie, mais quand il devient un maître despotique c'est quand même problématique. 

En fait la situation est assez comique sauf que je me dis quand même "bon sang que de temps et d'énergie perdue à brasser de l'air". La vraie spiritualité ce n'est pas chercher à élever ou transcender sa situation personnelle, c'est au contraire se fondre dedans et l'accepter totalement.

On s'en fout des miracles de Jésus (désolé pour la vulgarité), par contre se faire cracher en pleine figure puis être crucifié et être quand même capable de dire avec sincérité "Père pardonne leur", alors oui ça c'est méchamment divin, c'est à ce moment que Jésus mérite son AOC de Fils de Dieu!!!
Il en est de même avec les super pouvoirs d'un grand Rimpoché (pléonasme?), aucun intérêt. Par contre quand il dit "vois dans ton pire ennemi un maître suprême", c'est là qu'il démontre sa gloire totale!

Bref je sais que mes paroles ne sont pas très réjouissantes pour les égos qui les liront, mais je suis persuadé que la clé de l'éveil se joue à se niveau ;-)

<< Aucun rêveur n'est jamais sorti du rêve >> Jean Bouchart d'Orval

<< Il n'y a jamais eu un gramme d'éveil chez Jésus ou Bouddha >> Karl Renz

<< A un moment donné de ce processus, vous vous rendez compte de façon aussi soudaine que choquante que vous êtes complètement dingue. Votre esprit est un asile de fous sur roulettes qui dévale une pente en hurlant, totalement incontrôlable et désespéré. Ce n'est pas grave. Vous n'êtes pas plus fou que vous ne l'étiez hier. Il en a toujours été ainsi et vous ne l'aviez jamais remarqué. >> Henepola Gunaratana

dimanche 19 janvier 2014

L’abandon total pour 2014

Si je devais tirer un bilan de l'année écoulée, je dirai que 2013 aura clairement été l'année du déconditionnement spirituel. Ça s'est probablement un peu senti dans mes derniers messages :-)

La vie mondaine et matérialiste, le besoin de tout contrôler et de posséder toujours plus est une forme de maladie. Et la voie spirituelle est un médicament efficace contre cette maladie. Mais quand on est guéri il faut arrêter le médicament sinon c'est lui qui va nous rendre malade.
Personnellement j'ai clairement abusé du médicament et j'en ai fait une overdose!

Les voies mondaines et spirituelles sont donc des extrêmes et au final il faut se détacher des deux. Dès qu'il y a attachement au moindre concept on tombe dans une forme de délire et dans une vision dualiste de la vie.

On retrouve ce principe du détachement total dans le christianisme avec Saint Jean de la Croix qui parlait de la nuit obscure de l'âme. Et qui disait que dans un premier temps de la nuit obscure, l'âme est coupée du monde pour goûter à la spiritualité, et que dans un second temps l'âme est aussi coupée des plaisirs spirituels afin de devenir complètement transparente et pouvoir s'unir à Dieu.
Les bouddhistes de leur côté comparent leurs enseignements à une barque en précisant que : "une barque c'est pratique pour franchir une rivière, mais une fois la rivière franchie il faut l'abandonner ".

Cette notion de l'abandon total est donc présente dans toutes les voies. Et je dois dire que dans cet abandon j'ai pour la première fois de ma vie trouvé une authenticité intérieure. Il n'y a rien d'autre à faire que d'accueillir le moment présent, et si le moment est chargé de confusion, ce n'est pas grave j'accepte cette confusion, je suis Un avec elle. Quand vous faites Un avec le bien comme avec le mal, alors il n'y a plus ni de bien ni de mal. Il y a juste "ce qui est", ce "qui a toujours été" et "ce qui sera toujours", juste l'éternel moment présent.

Pour 2014, je ne souhaite donc plus être riche ni devenir un grand maître éveillé...mon souhait est juste D'ARRETER DE FAIRE L'IDIOT!

Arrêtons de croire qu'il nous manque quelque chose pour être épanoui, il est temps de rendre définitivement les armes (car il n'y a absolument rien à défendre)...nous sommes déjà complets et la petite étincelle divine qui vit en chacun de nous le sait très bien ;-)


                                 "C'est en s'abandonnant qu'on trouve". Saint-François

L'éveil en 70 secondes! (sous-titres en français disponibles)

vendredi 12 juillet 2013

Dépasser la lumière

Dans mon dernier message j'évoque un peu mes perceptions quand j'étais enfant. Et je dois reconnaître que j'ai parfois un peu la nostalgie de mon enfance, cette époque où j'étais naturellement dans le moment présent et connecté à la réalité. Je me souviens aussi de quelques moments magiques où tout ce que je percevais devenait incroyablement lumineux et la joie qui me remplissait était si intense que ça en devenait difficilement supportable, comme un feu qui me brûlait de l'intérieur.
Je réalise aujourd'hui que pendant ces moments magiques j'étais en plein dans le Nirvana, et que nous en avons tous fait l'expérience avec plus ou moins d'intensité. Puis en grandissant ces moments de pure joie sont devenus de plus en plus en rares et de moins en moins intenses, alors qu'en parallèle mon égo/mental devenait de plus en plus omnipotent et intolérant.

Finalement il y a quand même quelque chose d'un peu "idiot" dans la voie spirituelle. Quand je me ballade dans le rayon religion/spiritualité d'une librairie, il y a des tonnes de bouquins très intéressants parlant de méditation, de prières, d'ouverture des chakras, d'écriture automatique, de contact avec son ange gardien etc... afin de trouver la paix intérieure.
Toutes ces techniques ne servent qu'à nous ramener à un état d'esprit qui est inné dans la petite enfance. Et si il ni avait pas une chute du niveau de conscience en devenant adulte, toutes ces magnifiques techniques seraient complétement superflues.

D'un autre côté je me dis que c'est peut-être un mal pour un bien de ne pas rester scotché au Nirvana/Lumière. Le grand mystique maître Eckhart (ne pas confondre avec Eckhart Tolle) disait de la lumière "elle fait partie du créé, Dieu est au-delà".
Pour être "sauvé" pour de bon, il faut donc aller encore plus loin que le Nirvana...aller au-delà de tout ce qui est créé et manifesté, de toute expérience et de toute perception. Mais comment se plonger dans ce qui est une pure énigme? Ce n'est pas possible, je pense donc que la fin du jeu (et du je) n'est pas en notre pouvoir, c'est plutôt une grâce qui vient d'en haut.

Maintenant il est possible que pratiquer les techniques évoquées ci-dessus finissent par attendrir Dieu, et le décide à nous emporter avec lui.

« La lumière est un panneau indicateur, il ne faut pas confondre le panneau avec ce qu'il indique » (Karl Renz)
« C'est parce que nous avons rendu le simple si compliqué et le proche si lointain que les exercices si complexes, mandalas, méditation tantrique, création d'images mentales, yoga, etc. sont nécessaires. Pour réaliser l'infiniment proche un long cheminement est nécessaire. Toute une ascèse complexe est nécessaire pour traiter de tous les aspects de l'être humain, de tous les aspects de cette barrière que nous avons opposée à la vérité. Mais pour celui qui serait convaincu, qui saurait que Cela est si proche et si simple, toutes ces techniques qui sont le patrimoine du Bouddhisme tantrique, qui font son prestige, toute cette science serait complètement inutile.» (Kalou Rinpoché)

vendredi 19 avril 2013

Je n'en sais rien...

J'ai introduit mon dernier message en parlant des perceptions. Il y a deux types de perceptions, la perception de soi et la perception du monde (et j'ai précisé que la relation entre les 2 était introuvable car en réalité elles ne font qu'UN).
Finalement tout dans la vie n'est que perception. Ce qui veut dire que par exemple le boulanger chez qui on achète sa baguette de pain tous les matins, en réalité on n'est jamais entré dans sa boutique, on ne lui a jamais acheté de pain et nous n'avons jamais réellement mangé sa baguette. Nous connaissons juste la perception du boulanger, nous connaissons juste la perception de sa boutique, et nous connaissons juste les perceptions olfactives et gustatives de son pain.

Petit vers l'âge de 10 ans j'aimais bien regarder par la fenêtre de ma chambre un grand arbre majestueux, et je me disais : "ok cet arbre je vois sa forme, ses différentes teintes, à un certain niveau il est tout à fait compréhensible...pourtant je sens qu'il y a derrière cet arbre un gigantesque et formidable mystère!". Aujourd'hui j'ai passé la trentaine et j'en suis toujours au même stade, je perçois le monde et ses phénomènes, mais ce qui l'anime, le créateur de perceptions, je ne sais rien sur lui?

Il en est pareil pour tous les grands principes spirituels :
Qu'est-ce-que l'éveil spirituel? Je n'en sais rien...
Qu'est-ce-que le parfait instant présent? Je n'en sais rien
Qu'est-ce-que l'Amour total et inconditionné? Je n'en sais rien...

Mais comme le fait de "savoir" ou de "ne pas savoir" est aussi une perception, ce n'est pas très important ;-)

En fait c'est ça la bonne nouvelle, que l'on perçoive les tourments de l'enfer ou les béatitudes du jardin d'Eden, tout cela n'est que perceptions qui glissent sur le mystère de la vie sans pouvoir l'altérer de la moindre façon.

image prise sur le site www.visionsanstete.com/


vendredi 4 janvier 2013

La relation à soi

Avez-vous déjà réfléchi à la relation que vous entretenez avec le monde et avec vous-même? C'est un sujet que je cogite pas mal ces temps et je trouve que ça vaut la peine d'y consacrer un message pour bien lancer 2013!

Cette question de la relation avec le monde est intéressante car elle peut être traitée à plusieurs niveaux et sous différents angles.
Étudions la pour commencer directement au niveau du divin/ultime/absolu. Quand je me lève le matin tout de suite je perçois des lumières, des sons, et j'appelle cela le monde. Je perçois aussi le moi/je c'est-à-dire mon être intérieur, ce truc qui me pousse à dire "je suis!". Maintenant quelle est la relation entre le monde et le moi/je? Si vous cherchez bien vous réaliserez que cette relation est introuvable, inexistante, on ne peut rien en dire...
C'est ce que j’appellerais la grande farce divine, il n'y a pas de relation entre soi et le monde car les 2 ne font qu'un...je crois que c'est ce que certains maîtres comme Eckart Tolle cherchent à nous dire avec des citations du genre "vous n'êtes pas le danseur, vous êtes la danse!".

Maintenant on peut étudier cette question de la relation avec le monde à un niveau plus relatif, et là aussi c'est très intéressant. A un niveau relatif la relation entre moi et le monde est visible, par exemple s'il fait froid dehors mon corps ressent le froid. Par contre je réalise que la façon dont nous vivons cette relation est souvent délirante. Il y a quelques jours au boulot j'ai eu un gros coup de mou, l'impression que mes jambes faisaient 2 tonnes, là une petite voix dans ma tête commence à se plaindre "suis fatigué, le boulot c'est pénible etc." et j'ai senti que quelque chose en moi partait en vrille.
Pour la première fois j'ai parlé à la petite voix et je lui ai demandé "petite voix tu te plains mais pourtant ce sont mes jambes qui sont fatiguées et mes jambes elles ne se plaignent pas, de quoi tu te mêles?". Cet étrange dialogue mental a complètement court-circuité la tendance négative dans laquelle j'étais engagé et finalement la journée s'est terminée tranquillement.

Cette petite voix dans ma tête a tissé une relation incroyablement agressive avec le monde mais encore plus agressive avec moi-même. En permanence elle me met la pression en me disant que la vie est comme ceci et comme cela, et que pour devenir quelqu'un il faut accomplir ceci ou cela.
Pourtant il suffit d'observer cette petite voix et lui demander gentiment en quoi devenir ceci ou cela changerait la nature profonde des choses, et vous verrez pour la première fois que la petite voix restera muette.
Il y a une sorte de cercle vicieux sur cette terre, nos égos agressifs créent une conscience collective agressive qui à son tour crée encore plus d'égos agressifs. Il est vraiment temps de casser ce cercle si on veut éviter de voir l'humanité sombrer. 

Lorsque Jésus a dit d'aimer les autres comme soi-même, c'est bien sûr une invitation à faire la paix avec les autres, mais c'est surtout une invitation à développer une relation harmonieuse avec soi-même et ça on l'oublie beaucoup trop souvent!

Donc pour 2013 j'ai décidé de ne pas me mettre la pression avec des grandes résolutions, mais plutôt de construire une relation de paix avec moi-même, de m'accepter comme je suis avec mes forces et surtout avec mes faiblesses. Ce qui d'après moi est la base indispensable pour trouver la paix et une relation harmonieuse avec le monde.

Sur ce bonne année à tous et soyez légers en 2013!

"Beaucoup de souffrance et de malheur surviennent lorsque vous tenez pour vraie chaque pensée qui vous vient en tête. Ce ne sont pas les situations qui vous rendent malheureux. Elles peuvent vous causer de la douleur physique, mais sans plus. Ce sont vos pensées qui vous rendent malheureux, dont vos interprétations, les histoires que vous vous racontez."
Extrait du livre « L’art du calme intérieur » d’Eckhart Tolle

vendredi 21 septembre 2012

Les attributs de Dieu

Ce qui est bien avec la spiritualité c'est que l'on a toujours des sujets à méditer, des questions profondes à résoudre. Le puzzle n'est jamais complet, il manque toujours une petite pièce quelque part. Perso j'aime bien, ça m'occupe l'esprit et fait passer le temps...
Il y a quelques jours je réfléchissais dans le train sur la nature de Dieu, on dit souvent qu'il est insondable et ses voies impénétrables. Néanmoins en cherchant bien j'ai quand même trouvé 5 attributs à Dieu. Du coup je me suis dit que pour la rentrée des classes il serait intéressant de les exposer sur mon blog.

1. La lumière : on dit souvent que les manifestations du divin s'accompagnent d'une lumière divine, d'une lumière d'un blanc totalement immaculé. Or ce qui est intéressant avec le blanc, c'est que ce n'est pas l'absence de couleur, au contraire le blanc est obtenu en additionnant toutes les couleurs possibles.

2. Le vide : on dit souvent que Dieu n'a pas une forme particulière, il est donc vide. Mais le vide ce n'est pas l'absence de forme, en réalité le vide contient toutes les formes. C'est le vide qui crée ce qui est "ici" et ce qui est "là-bas", toutes les formes et tous les phénomènes naissent du vide et retombent dans le vide.

3. Le silence : de la même manière que le vide contient toutes les formes/phénomènes, le silence lui contient tous les sons et toutes les pensées. Sans le silence aucun son et aucune pensée ne pourraient naître. Tous les bruits naissent dans le silence et retombent dans celui-ci. Je pense donc que le silence est un attribut de Dieu.

4. L'Amour : on dit toujours que Dieu est Amour. Je réalise que l'Amour avec un grand A contient tous les sentiments et émotions possibles. Quand quelqu'un se met en rage en réalité il manifeste de façon chaotique son besoin d'Amour. Les sentiments les plus sombres comme la haine et la peur sont des manifestations de l'Amour. Dans tous nos gestes, dans toutes nos actions, qu'elles soient nobles ou douteuses, le moteur c'est toujours l'Amour ou le besoin d'Amour.

5. L'instant présent : si on désire rencontrer Dieu, le lieu et le l'heure du RDV seront inexorablement les mêmes, il s'agit de "ici" et "maintenant". J'ai donc décidé de faire du moment présent un attribut de Dieu. Or en suivant toujours la même logique, je me dis que le vrai instant présent ce n'est pas quelque chose qui exclu le passé et l'avenir, au contraire le parfait instant présent doit contenir tous les temps. Tous les scénarios possibles et imaginables existent probablement déjà dans l'instant présent.

Au final on voit que les caractéristiques de Dieu sont complètement exhaustives, et la moralité de l'histoire (il en faut bien une!) c'est qu'on ne devrait jamais dire : "pourquoi Dieu n'empêche pas les guerres, les maladies etc.". Les guerres, les maladies et toutes les plaies qui frappent l'humanité sont un aspect de la divinité, si Dieu ne faisait que le "bien" alors ce serait un Dieu castré et en aucun cas un Dieu tout puissant et absolu.

Un être spirituel ce n'est probablement pas quelqu'un qui vit pépère dans son ermitage à l'abri de toute contrainte. Au contraire c'est quelqu'un qui plongé dans la tourmente garde sa sérénité. C'est quelqu'un qui connait tous les aspects de la divinité et n'en rejette jamais un seul. C'est quelqu'un qui a aussi compris que tous les aspects de la divinité se soutiennent entre eux, le chaud ne peut exister sans le froid, le grand sans le petit, le bien sans le mal etc.

vendredi 1 juin 2012

Le dernier jeu de rôle

Après mes 2 derniers messages où j'évoque l'impossibilité de s'unir au divin et de rester dans un état de paix constant qu'on appelle souvent l'éveil, j'ai envie de conclure le sujet avant de passer à d'autres réflexions un peu plus légères.

Pendant une grande partie de ma vie j'ai joué différents rôles et développés différents personnages, quand j'ai réalisé qu'aucun rôle ne me satisfaisait vraiment je me suis tourné vers la spiritualité et j'ai développé un nouveau personnage que j’appellerai le disciple.

Le disciple a une particularité qui le rend unique parmi tous les jeux de rôles possibles, c'est qu'il est prêt à se soumettre à Dieu, il est prêt à se soumettre à quelque chose qu'il reconnaît comme étant supérieur à lui. Néanmoins aussi remarquable que soit le rôle du disciple, qu'on pourrait très bien appeler aussi le méditant ou l'observateur, cela reste un rôle et qui dit rôle dit problème...

Dans mon dernier message j'explique qu'à chaque fois que je sens une ouverture en moi, je n'arrive pas à m’engouffrer dans la brèche. En fait pendant ces moments d'ouverture il se passe quelque chose de bizarre, c'est-à-dire qu'en réalité le moi/je fait l’expérience de la non-dualité. Or le moi/je ne peut pas par sa nature supporter la non-dualité, cela revient à envoyer du 100'000 volts dans un ampoule qui peut en supporter 100, elle explose tout de suite!

Il y a donc quelque chose de très déstabilisant dans l'éveil, à savoir que l'éveil n'est pas une expérience, l'éveil n'est pas un objet de perception, l'éveil ne peut ni se perdre ni se gagner. Dès qu'il y a un moi/je qui expérimente la non-dualité alors c'est une non-dualité tronquée. Je réalise aussi que ma vraie nature est complètement indifférente à tous les drames et scénarios qui se jouent dans le monde et surtout dans ma tête, elle est totalement inconditionnée. Voila un autre gros problème pour le disciple/méditant/observateur, il cherche désespérément le bonheur mais un bonheur conditionné. Être heureux sans raison, cela est insupportable pour le gentil disciple...

En me lisant on pourrait être tenté de croire que l'éveil est un truc complètement fou et inaccessible. En réalité je suis persuadé que c'est tout le contraire, il y a quelque chose de trop simple dans l'éveil, on ne le voit pas parce qu'on va chercher beaucoup trop loin ce qui est juste là devant nos yeux!
Pour reprendre une image assez répandue dans le bouddhisme, le soleil ne s'arrête jamais de briller, le mental peut le voiler avec son fatras de pensées et de concepts mais en aucun cas il ne peut l'éteindre...

"Vous réalisez que ce n’est pas vous qui vivez votre vie, mais la vie qui vous vit. La vie est le danseur et vous, la danse." Eckhart Tolle

spiritualité et non-dualité


mardi 1 mai 2012

L'impossible grand écart

Dans mon quotidien j'ai des moments d'ouverture, le sentiment parfois de toucher au but, c'est-à-dire de sentir la nature réelle et intemporelle de mon être. Cela créé un grand relâchement et une sorte de communion ultime avec le monde et tout ce qui m'entoure. Paradoxalement il y a aussi quelque chose d'insoutenable dans ces états d'ouverture et de béatitude, dans le sens que la transition est beaucoup trop forte. Tout ce qui rempli mon quotidien depuis des années devient soudain complètement absurde. Bien sûr lâcher prise avec les aspects négatifs de ma vie il n' y a pas de problème et ce n'est pas perturbant ;-) mais éveiller vraiment ma conscience c'est aussi lâcher prise avec la relation que j'ai avec ma fille, avec mes parents, avec tous ceux que j'aime. C'est lâcher prise avec ce blog et surtout avec toute forme de quête spirituelle. Pour résumer c'est lâcher prise avec toute mon histoire personnelle. Et là le "sacrifice de l'éveil" est beaucoup plus délicat. Le gouffre entre une vie dirigée par l'égo et une vie dirigée par le divin est trop important pour pouvoir concilier les deux, c'est une sorte de grand écart impossible à réaliser.
Pourtant dès que je retombe dans un état de conscience ordinaire, une petite voix me dit "bon sang  Cédric, tu ne comprends pas que c'est en abandonnant ton rôle de père que tu seras le meilleur des pères, que c'est en lâchant ton rôle de fils que tu seras le meilleur des fils etc..."

Après ce genre d'expérience très brève avec le divin, je me dis que finalement ça doit être ça l'apocalypse. Dans le sens que l'apocalypse ce n'est en aucun cas la fin de la planète terre, c'est la fin des projections mentales sur le monde, c'est la fin de l'égo et de notre histoire personnelle, et en finir avec l'égo ce n'est vraiment pas une sinécure. C'est même peut-être encore plus brutal qu'une destruction physique du monde.
C'est une des raisons qui fait que je n'écris plus grand-chose sur ce blog depuis assez longtemps, je n'arrive pas à rester plus qu'une poignée de secondes dans un état de paix intérieure. Et je suis un peu fatigué de chercher à transmettre quelque chose que je n'arrive pas vraiment à saisir moi-même. En fait j'irai même plus loin, cela fait longtemps que je suis arrivé à la conclusion que la libération finale qu'on appelle souvent l'éveil n'est pas vraiment en mon pouvoir et ne dépend pas de moi. L'éveil ne peut pas être le fruit d'une pratique spirituelle, sinon ce serait finalement quelque chose d'ordinaire qui peut s'acquérir et comme le dit toujours Karl Renz : "tout ce qui peut s'acquérir, peut se perdre". Cela voudrait dire aussi que l'éveil est quelque chose qui peut-être provoqué par le moi/je, or l'éveil c'est justement la fin du moi/je. Il existe pas mal de citations de maîtres bouddhistes ou zen qui vont dans ce sens :"j'ai monté toutes les marches grâce à mes efforts et à ma persévérance, mais la dernière marche ce n'est pas moi qui l'ai franchie". Les maîtres aiment bien aussi appeler l'éveil : "l' accident divin".

Néanmoins si l'éveil ne peut être le fruit d'une pratique, abandonner la quête serait selon moi une grave erreur. Je comparerais la recherche de l'éveil à un pêcheur (...pécheur?) qui voudrait attraper le seul poisson du lac, autant dire que les chances sont faibles. Mais si vous posez des actes positifs et faites preuve de persévérance, j'ai le sentiment que cela revient à jeter des boulettes d'appâts autour de sa ligne et augmente fortement les chances de prendre le poisson. Et puis ce qui me paraît évident, c'est que tant qu'on est pris dans le tourbillon de la vie on est bien obligé de s'appuyer sur l'aspect relatif des choses et de faire tout simplement ce que l'on peut en fonction de ses moyens et de sa situation.

Pour conclure je dirai que mes pratiques ne visent plus à découvrir quelque chose de nouveau, mais que je cherche au contraire de plus en plus ce qui a toujours été là, ce qui ne dépend pas des conditions extérieures, ce qui ne dépend pas du temps, je cherche à comprendre la nature de celui qui bouge sans n'avoir jamais bougé et que j'aime appeler Dieu. Même si ce mot semble générer beaucoup de projections délirantes chez moi et aussi dans toutes les couches de la société.

"Les noms qui sont donnés aux choses du monde renferment une grande illusion, car ils détournent la pensée de ce qui est réel vers ce qui n'est pas réel, et celui qui entend le nom "Dieu" ne saisit pas ce qui est réel mais ce qui n'est pas réel."
"La lumière et les ténèbres, la vie et la mort, la droite et la gauche sont sœurs les unes des autres ; elles sont inséparables. C’est pourquoi ni les bons sont bons ni les méchants méchants, ni la vie est vie, ni la mort est mort. En conséquence chacun sera dissous dans sa nature originelle. Mais ceux qui sont supérieurs au monde sont indissolubles, Eternels." Citations extraites de l'Evangile apocryphe selon Philippe

lundi 17 octobre 2011

Etre un serviteur inutile

Ma production est devenue vraiment poussive et mon blog fonctionne en mode perfusion depuis de longs mois. Je crois que cette désertion est plutôt bon signe, mon quotidien est bien rempli et je ressens actuellement moins le besoin de commenter la/ma vie.

Néanmoins je réalise, et ce sera le sujet de ce message, que même si mon quotidien devient de plus en plus stimulant, je ne suis jamais vraiment ni satisfait ni comblé. Quelque chose en moi ne peut s'empêcher de penser, de façon quasi pathologique, que ce qui se passe ici et maintenant n'est pas suffisant. Je pourrais être le maître du monde et recevoir toutes les grâces possibles et imaginables de la Terre que cette petite voix intérieure finirait quand même par me dire: "ce n'est pas suffisant, je ne suis pas complet, j'en veux encore plus...".

C'est un peu schizophrénique ce que je vais dire, mais par moment j'en ai vraiment marre de moi. Au départ je croyais que les problèmes venaient essentiellement du monde extérieur, et maintenant il me paraît évident que j'ai toujours été mon principal bourreau. Plus jeune je bloquais sur certaines citations de Jésus, en particulier celle-ci: "Voici que je suis venu faire ta volonté". J'avais le sentiment que faire la volonté de Dieu, c'était donner ce que j'avais de plus précieux, c'était sacrifier ce qui me rendait unique. Finalement ce que je croyais être un précieux trésor était ma pire malédiction. Accomplir la volonté de l'égo ça ne m'a jamais rendu unique, en fait c'est très banal et c'est ce que nous faisons pratiquement tous. De son côté Jésus en accomplissant la volonté de Dieu, il fait encore parler de lui 2'000 ans après sa mort...

Confier sa volonté à Dieu, c'est brancher l'avion en mode pilote automatique, après vous pouvez vous détendre, mettre les mains derrière la tête, vous servir un cocktail et regarder le paysage défiler en toute décontraction, quelles que soient les conditions météorologiques. Dieu dit dans la bible "vous portez un fardeau trop lourd pour vos épaules, alors qu'en faisant ma volonté vos charges seraient légères". Dans mon cas ça fait 33 ans que je porte un fardeau beaucoup trop lourd et je suis de plus en plus décidé à m'en séparer.

Seulement le problème c'est que faire la volonté de Dieu ne peut être un choix. Si vous décidez de faire la volonté de Dieu, alors vous êtes toujours dans votre propre volonté ;-) (voir mon message "La double contrainte pour en finir avec la quête spirituelle"). J'ai le sentiment que la seule chose à faire c'est d'être conscient des résultats catastrophiques que produisent régulièrement notre volonté propre, ainsi s'opère une sorte de lâcher prise naturelle envers l'égo pour se tourner vers une énergie supérieure et aussi plus subtile. A mon avis c'est pour cela que beaucoup de religions semblent en apparence glorifier la souffrance, non pas que la souffrance est bonne en soi, mais c'est la seule chose qui peut nous faire prendre conscience de la bêtise de certains de nos comportements.

On m'a transmis récemment une prière (voir extrait ci-dessous) qui m'a beaucoup inspiré. Notamment une phrase qui m'a fait "TILT" et qui disait: "tu seras le serviteur inutile". Cette phrase qui peut sembler en apparence négative a été pour moi une sorte de bénédiction, et je me la répète presque tous les jours, surtout lorsque je sens mon égo s'emballer. Etre le serviteur de l'inutile ce n'est pas une tare, au contraire c'est arrêter de se prendre la tête sur tout et n'importe quoi.

"Aime-moi tel que tu es. Je veux l’amour de ton cœur indigent ; si pour M’aimer, tu attends d’être parfait, tu ne M’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté, faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créé ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ?
Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant, ces êtres merveilleux et leur préférer ton pauvre amour !
C’est le chant de ton cœur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ?
Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait ; ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses ; non tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour.
Aime ! L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherches qu’à remplir le moment présent de ton amour.
Je veux que tu penses à Moi, à chaque heure du jour et de la nuit. Je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.
Mais souviens-toi : aime-moi tel que tu es. N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais." L'auteur de ce texte n'a pu être identifié.

jeudi 14 avril 2011

Dieu c'est quoi pour toi?

Mon dernier passage commence à vraiment dater, il est temps de souffler sur mon bureau pour enlever la poussière, de décrocher les toiles d'araignées et de reprendre ma plume virtuelle pour poster un message de feu de dieu!

Je vais  relater une rencontre intéressante et aussi légèrement insolite en guise d'introduction. J'attendais dans un bar le dernier train pour rentrer chez moi, là je sympathise avec un autre client. On discute un moment de tout et de rien, puis nos discutions sont devenues plus philosophiques et spirituelles, chacun semblait tester l'autre et découvrir avec un certain étonnement que nous étions sur le même créneau.
Pour l'anecdote la discution s'est tellement emballée (la bière jouant son rôle de catalyseur ;-)... ) que j'ai loupé mon train et du prendre le premier du matin.
Depuis cette soirée nous avons continué à dialoguer par e-mails. Parfois je parle de Dieu pour exprimer mes idées, et un jour mon ami m'a répondu que le mot "Dieu" le faisait grincer des dents. Je réalise que beaucoup de gens qui semblent partager mes idées me regardent bizarrement quand je parle de Dieu. Du coup il me semble intéressant de donner quelques précisions sur le Dieu que j'évoque si souvent sur ce blog.

Le Dieu dont je parle n'appartient à aucun courant religieux, et il n'a ni forme ni visage. En réalité le Dieu dont je parle est très accessible, aucune voie spirituelle, aucune ascèse, aucune pratique n'est requise pour le rencontrer. Vous voulez savoir comment fixer un rendez-vous à ce drôle de Dieu? Facile... regardez l'heure qu'indique votre montre, c'est l'heure de votre rendez-vous avec le divin, cette heure s'appelle "maintenant". Où a lieu le rendez-vous? Là encore c'est très facile, regardez juste vos pieds, le rendez-vous se déroule "ici". Vous aurez peut-être compris là où je veux en venir, la rencontre avec Dieu se déroule dans l'éternel instant présent. Il n'y a pas d'autre endroit possible, et cette rencontre avec le divin chaque être humain l'a probablement vécue plusieurs fois dans sa vie sans même le réaliser.

Car rencontrer Dieu ça ne veut pas dire que notre mental devient omniscient, c'est tout le contraire. Dieu et l'éternel instant présent se manifestent quand le petit "moi" reconnaît sa totale nullité et impuissance à percer les secrets de l'univers. Affranchi de la tyrannie de l'égo, votre pouvoir en est décuplé. Dans l'instant présent vous marchez sur l'eau, vous transformez l'eau en vin, vous comprenez des langues que vous n'avez jamais apprises, mais comme l'a dit Jésus: "ce n'est pas moi qui accomplit les miracles, c'est le Père". L'instant présent n'est pas là pour transformer le petit "moi" en un super "Moi", il est là pour le dissoudre.

Quand je rentre intensément dans l'instant présent Dieu n'est plus un concept, c'est une réalité! Dans l'instant présent tout est teinté de magie, tout est facile, léger. Je dirai que dans l'instant présent tout est AMOUR. Et l'amour, n'est-ce-pas l'attribut principal de Dieu?

Pour terminer ce texte il me semble important de préciser que quand je parle de "rencontre avec Dieu", il faut savoir lire entre les lignes.  En réalité dans l'éternel instant présent il n'y a personne pour rencontrer personne, il ne reste plus que Dieu partout et en toute chose. Dans l'instant présent la non-dualité n'est plus un concept.

Finalement il y'a quelque chose de très amusant dans mon parcours. Pendant de longues années le petit Cédric a cherché Dieu en se demandant si il existait vraiment. Aujourd'hui l'existence de Dieu est devenue plus qu'évidente et c'est le petit Cédric qui est devenu très douteux et sujet à caution ;-)

"Le petit Karl s'est retrouvé devant le banc des accusés et a dû prouver son existence. Ce qu'il n'a pu faire. Le petit Karl n'a pas été en mesure de prouver son existence, et donc a été éliminé...
Ce à quoi nous avons affaire ici est le Jugement dernier. Parce que dans l'instant présent, le temps se trouve aboli. Seul subsiste le commencement. C'est le dernier jour temporel, où seul subsiste, et peut subsister, la source. Tout se trouve aboli hormis la source. C'est le sens qu'il faut donner au Jugement dernier décrit dans la Bible, lors duquel rien de temporel n'est accepté." Karl Renz

"Demandez l'heure à un arbre. Il sera bien embêté et vous répondra: euuuh il est maintenant! Existe-t-il autre chose que maintenant?" Eckart Tolle

vendredi 31 décembre 2010

Bilan de fin d'année

L'année 2010 arrive à son terme, il est donc temps de faire un petit bilan pour jeux2role.
Le site s'est bien développé en terme de contenu et de trafic, il apparaît désormais en première page de Google pour certaines occurrences intéressantes comme "blog spiritualité". Au niveau des membres, le site a carrément fait un saut quantique, passant de 1 à... 3 membres inscrits! :-)

Vu le formidable succès rencontré cette année, je me dis que je vais pouvoir rentabiliser mon blog. J'ai d'abord pensé à mettre de la pub Google, puis je me suis dit que j'allais coter le site en bourse et faire un appel d'offres. Finalement j'ai opté pour une troisième solution, à savoir dispenser des cours de spiritualité et de développement personnel. J'envisage 3 formules en fonction des budgets.

Formule light : l'idéal pour les petits budgets, réincarnation dans le monde des dieux garantie.

Formule classic : réincarnation promise entre la troisième et la septième terre pure de Bouddha.

Formule premium Gold : la plus onéreuse, elle vous garantit l'éveil et la fin du cycle des réincarnations. Avec en prime accès illimité au carré VIP du site!

Bien sûr avec moi vous êtes satisfait ou remboursé, si après votre décès vous n'êtes pas content, je m'engage à rembourser la totalité des cours.

Maintenant si je devais tirer un bilan personnel de cette année 2010, je dirais que comme d'habitude l'année ne s'est pas déroulée comme je le pensais ou comme je l'espérais. Mais c'était une bonne année quand même, je crois qu'il arrive toujours ce qui doit arriver, et en ce sens 2010 était une année parfaite comme chaque année du calendrier!

En tout cas je souhaite à tous les internautes qui fréquentent ce site, à tous ceux qui ont postés des commentaires ou qui m'ont écrit par mail, une excellente année 2011! Qu'elle vous apporte le meilleur (seul le meilleur nous convient). Pour finir une petite prière de Mère Teresa pour bien lancer l'année à venir :

La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est béatitude, savoure-la.
La vie est un rêve, fais en une réalité.
La vie est un défi, fais lui face.
La vie est un devoir, accomplis-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, prends en soin.
La vie est une richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est mystère, perce-le.
La vie est promesse, remplis-la.
La vie est tristesse, surmonte-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, prends la à bras le corps.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.

La vie est la vie, défends la.

mercredi 1 septembre 2010

Seconde lecture

Je crois que ça doit faire des années que je n'ai plus acheté de livres dédiés à la spiritualité ou au développement personnel. Non pas parce que je n'ai plus rien à apprendre, mais parce que j'ai réalisé que si j'étais capable d'appliquer un demi pourcent de la sagesse contenue dans ma bibliothèque, je serais un être accompli.

Parfois il m'arrive de relire des passages de livres qui m'ont particulièrement inspiré et je constate souvent avec étonnement que lors de ma première lecture je n'avais donné aucun intérêt à des enseignements pourtant essentiels. Je ne m'intéressais qu'aux textes traitant des grands mystères de l'univers: la vie, la mort, l'espace, le temps, le créé, le non-créé, la non-dualité etc. Ces lectures étaient difficilement applicables à mon quotidien mais je ressentais une certaine fierté à percer les mystères de l'univers.

En réalité je donnais de l'importance seulement aux enseignements faisant travailler l'esprit, et tout ce qui avait trait aux qualités du corps et du coeur je le zappais. Pourtant ce sont ces enseignements qui étaient vraiment susceptibles de transformer mon quotidien. Prendre soin de son corps à l'aide d'une bonne hygiène de vie, aller vers les autres et avoir une vie sociale de qualité, celà aurait vraiment changé ma vie. Mais je n'en avais pas du tout conscience ou quelque chose en moi ne voulait pas le voir...
Faire travailler son esprit sans travailler les qualités du coeur et du corps, c'est comme construire le toit d'une maison sur des fondations instables...ça ne peut pas marcher!

Mon erreur était finalement assez logique, je crois que j'ai toujours eu un esprit qui fonctionnait bien alors que j'étais plus déficient au niveau des qualités du coeur, et il est plus facile de travailler ses points forts que ses points faibles.

Longtemps, j'ai été inspiré par la sagesse orientale et des maîtres comme Ramana Maharshi, car leur enseignement était assez pointu et subtil. Paradoxalement la sagesse orientale m'a aidé à mieux comprendre ma propre religion, le christianisme. Et aujourd'hui je suis très admiratif devant des personnages comme soeur Emmanuelle, Mère Teresa ou l'Abbé Pierre. Ces personnages ont fait preuve durant leur vie d'admirables qualités de coeur, de volonté et de courage. Je sens qu'ils possèdent ce qu'il me manque!

"Ils voient mais ils ne regardent pas.
Ils entendent mais n'écoutent pas.
Ils savent mais ne comprennent pas."

jeudi 22 juillet 2010

Ma fille est un upa guru

L'été passé, j'étais en vacances dans le sud de la France avec ma fille. Je me souviens qu'un jour nous étions sur une plage où l'eau était particulièrement froide. J'avais très envie d'aller nager mais je n'arrivais pas à entrer dans l'eau au-delà des mollets tant l'eau était froide. J'ai commencé à faire des exercices de respiration yogiques et à conditionner mon esprit avec des phrases du genre: "ta nature ultime ne fait pas de préférence entre le chaud et le froid".
Malgré mon incroyable sagesse je restais bloqué au niveau des mollets, à ce moment ma fille m'a rejoint et m'a dit: "wouah elle est froide l'eau papa!!!". J'ai eu un sentiment de compassion envers ma fille et je me suis dit: "si pour un être d'une formidable sagesse comme toi c'est difficile, qu'est-ce que ça doit être pour un petite fille si fragile de 4 ans?". J'ai à peine eu le temps de finir ma réflexion que j'ai soudain entendu un grand "PLOUFFF". La petite s'était jeté à l'eau sans la moindre hésitation, et visiblement le froid ne lui posait aucun problème.

A ce moment ma fille s'est transformée en un upa guru, c'est-à-dire qu'elle m'a transmis un enseignement sans avoir le moindre statut de maître officiel. J'ai réalisé que toutes mes connaissances théoriques ne m'étaient d'aucun secours dans l'adversité, et que ma fille dans son innocence d'enfant était bien plus forte que moi. Cet épisode m'a rappelé une phrase de Jésus qui disait en gros: "Je glorifie Dieu pour avoir révélé aux plus petits ce qu'il a caché aux adultes". Les enfants ne contestent pas ce qui est, si l'eau est froide, ils l'acceptent totalement, et dans cette acceptation ils génèrent un énorme pouvoir, qui à un certain niveau les rend plus sages que bien des adultes.

Plus le temps passe et plus je réalise que tous ces merveilleux enseignements que m'ont transmis le christiannisme, le bouddhisme, l'hindouisme etc. n'étaient à la base pas nécessaires. Ils sont devenus nécessaires car j'ai perdu en grandissant ma faculté à être dans l'instant présent, à accepter la Vie telle qu'elle Est, à m'émerveiller. En réalité ce que j'ai gagné en connaissance, je l'ai perdu en spontanéité et en joie de vivre. Je remercie ma fille pour cette leçon, comme l'a dit Jacques Salomé: "nous croyons que nous devons aider nos enfants à grandir, mais en réalité ce sont eux qui nous aident à mûrir".


« C'est parce que nous avons rendu le simple si compliqué et le proche si lointain que les exercices si complexes, mandalas, méditation tantrique, création d'images mentales, yoga, etc. sont nécessaires. Pour réaliser l'infiniment proche un long cheminement est nécessaire. Toute une ascèse complexe est nécessaire pour traiter de tous les aspects de l'être humain, de tous les aspects de cette barrière que nous avons opposée à la vérité. Mais pour celui qui serait convaincu, qui saurait que Cela est si proche et si simple, toutes ces techniques qui sont le patrimoine du Bouddhisme tantrique, qui font son prestige, toute cette science serait complètement inutile.» (Kalou Rinpoché)

vendredi 11 juin 2010

La paix des vaches et le metagame

J'ai longtemps cherché au poker une sorte de martingale, c'est-à-dire une façon de jouer qui me procure des gains assurés.

J'ai beaucoup étudié ce jeu et je pense en avoir une très bonne compréhension technique, pourtant chaque fois que je me suis contenté d'appliquer la théorie mes résultats étaient mitigés voir même franchement mauvais. Mais quand je m'assois à une table en me disant: "oublie la théorie, et regarde ce qu'il se passe", j'ai de bons résultats! En réalité il y'a un principe qui va au-delà de la théorie que les joueurs de poker appellent le metagame.
Notre subconscient en observant un long moment le comportement des autres joueurs, va nous pousser à jouer des coups qui ne correspondent pas à ce que nous apprennent les livres. Et c'est ce qui distingue un grand champion d'un simple bon joueur.
Par exemple, vous possédez un jeu moyen, votre adversaire mise très fortement, la logique vous dit d'abandonner le coup, mais une petite voix issue de votre subconscient dit: "non, il y'a quelque chose d'anormal dans sa façon de jouer ce coup, il est en train de bluffer...". Parfois c'est le contraire, vous posséder un jeu énorme mais votre subconscient vous dit: "abandonne le coup, sinon tu vas y laisser ta chemise". Observer la table et écouter son instinct, c'est selon moi la clé de la réussite!

Dans la vie de tous les jours, j'ai longtemps fait la même erreur, je me disais que pour être gagnant il fallait avoir un bon travail sécurisé, une gentille femme, de beaux enfants qui réussissent bien leurs études. Mais comme l'a dit Arnaud Desjardins: "ne confondez pas la paix des vaches avec la paix de Dieu". Cet idéal d'une petite vie pépère n'existe pas dans notre société, et même si il existait il serait quelque part très fade!

Même si j'en bave parfois, je remercie Dieu de ne m'avoir jamais permis de trouver une martingale, ni dans le poker, ni dans la vie de tous les jours. Ce qui rend la vie excitante, c'est d'être toujours sur le fil du rasoir...

"Le guerrier donne le meilleur de lui-même, après que
ses actes soient une réussite ou un échec, cela ne le concerne plus." La roue du temps