mardi 1 mai 2012

L'impossible grand écart

Dans mon quotidien j'ai des moments d'ouverture, le sentiment parfois de toucher au but, c'est-à-dire de sentir la nature réelle et intemporelle de mon être. Cela créé un grand relâchement et une sorte de communion ultime avec le monde et tout ce qui m'entoure. Paradoxalement il y a aussi quelque chose d'insoutenable dans ces états d'ouverture et de béatitude, dans le sens que la transition est beaucoup trop forte. Tout ce qui rempli mon quotidien depuis des années devient soudain complètement absurde. Bien sûr lâcher prise avec les aspects négatifs de ma vie il n' y a pas de problème et ce n'est pas perturbant ;-) mais éveiller vraiment ma conscience c'est aussi lâcher prise avec la relation que j'ai avec ma fille, avec mes parents, avec tous ceux que j'aime. C'est lâcher prise avec ce blog et surtout avec toute forme de quête spirituelle. Pour résumer c'est lâcher prise avec toute mon histoire personnelle. Et là le "sacrifice de l'éveil" est beaucoup plus délicat. Le gouffre entre une vie dirigée par l'égo et une vie dirigée par le divin est trop important pour pouvoir concilier les deux, c'est une sorte de grand écart impossible à réaliser.
Pourtant dès que je retombe dans un état de conscience ordinaire, une petite voix me dit "bon sang  Cédric, tu ne comprends pas que c'est en abandonnant ton rôle de père que tu seras le meilleur des pères, que c'est en lâchant ton rôle de fils que tu seras le meilleur des fils etc..."

Après ce genre d'expérience très brève avec le divin, je me dis que finalement ça doit être ça l'apocalypse. Dans le sens que l'apocalypse ce n'est en aucun cas la fin de la planète terre, c'est la fin des projections mentales sur le monde, c'est la fin de l'égo et de notre histoire personnelle, et en finir avec l'égo ce n'est vraiment pas une sinécure. C'est même peut-être encore plus brutal qu'une destruction physique du monde.
C'est une des raisons qui fait que je n'écris plus grand-chose sur ce blog depuis assez longtemps, je n'arrive pas à rester plus qu'une poignée de secondes dans un état de paix intérieure. Et je suis un peu fatigué de chercher à transmettre quelque chose que je n'arrive pas vraiment à saisir moi-même. En fait j'irai même plus loin, cela fait longtemps que je suis arrivé à la conclusion que la libération finale qu'on appelle souvent l'éveil n'est pas vraiment en mon pouvoir et ne dépend pas de moi. L'éveil ne peut pas être le fruit d'une pratique spirituelle, sinon ce serait finalement quelque chose d'ordinaire qui peut s'acquérir et comme le dit toujours Karl Renz : "tout ce qui peut s'acquérir, peut se perdre". Cela voudrait dire aussi que l'éveil est quelque chose qui peut-être provoqué par le moi/je, or l'éveil c'est justement la fin du moi/je. Il existe pas mal de citations de maîtres bouddhistes ou zen qui vont dans ce sens :"j'ai monté toutes les marches grâce à mes efforts et à ma persévérance, mais la dernière marche ce n'est pas moi qui l'ai franchie". Les maîtres aiment bien aussi appeler l'éveil : "l' accident divin".

Néanmoins si l'éveil ne peut être le fruit d'une pratique, abandonner la quête serait selon moi une grave erreur. Je comparerais la recherche de l'éveil à un pêcheur (...pécheur?) qui voudrait attraper le seul poisson du lac, autant dire que les chances sont faibles. Mais si vous posez des actes positifs et faites preuve de persévérance, j'ai le sentiment que cela revient à jeter des boulettes d'appâts autour de sa ligne et augmente fortement les chances de prendre le poisson. Et puis ce qui me paraît évident, c'est que tant qu'on est pris dans le tourbillon de la vie on est bien obligé de s'appuyer sur l'aspect relatif des choses et de faire tout simplement ce que l'on peut en fonction de ses moyens et de sa situation.

Pour conclure je dirai que mes pratiques ne visent plus à découvrir quelque chose de nouveau, mais que je cherche au contraire de plus en plus ce qui a toujours été là, ce qui ne dépend pas des conditions extérieures, ce qui ne dépend pas du temps, je cherche à comprendre la nature de celui qui bouge sans n'avoir jamais bougé et que j'aime appeler Dieu. Même si ce mot semble générer beaucoup de projections délirantes chez moi et aussi dans toutes les couches de la société.

"Les noms qui sont donnés aux choses du monde renferment une grande illusion, car ils détournent la pensée de ce qui est réel vers ce qui n'est pas réel, et celui qui entend le nom "Dieu" ne saisit pas ce qui est réel mais ce qui n'est pas réel."
"La lumière et les ténèbres, la vie et la mort, la droite et la gauche sont sœurs les unes des autres ; elles sont inséparables. C’est pourquoi ni les bons sont bons ni les méchants méchants, ni la vie est vie, ni la mort est mort. En conséquence chacun sera dissous dans sa nature originelle. Mais ceux qui sont supérieurs au monde sont indissolubles, Eternels." Citations extraites de l'Evangile apocryphe selon Philippe

lundi 17 octobre 2011

Etre un serviteur inutile

Ma production est devenue vraiment poussive et mon blog fonctionne en mode perfusion depuis de longs mois. Je crois que cette désertion est plutôt bon signe, mon quotidien est bien rempli et je ressens actuellement moins le besoin de commenter la/ma vie.

Néanmoins je réalise, et ce sera le sujet de ce message, que même si mon quotidien devient de plus en plus stimulant, je ne suis jamais vraiment ni satisfait ni comblé. Quelque chose en moi ne peut s'empêcher de penser, de façon quasi pathologique, que ce qui se passe ici et maintenant n'est pas suffisant. Je pourrais être le maître du monde et recevoir toutes les grâces possibles et imaginables de la Terre que cette petite voix intérieure finirait quand même par me dire: "ce n'est pas suffisant, je ne suis pas complet, j'en veux encore plus...".

C'est un peu schizophrénique ce que je vais dire, mais par moment j'en ai vraiment marre de moi. Au départ je croyais que les problèmes venaient essentiellement du monde extérieur, et maintenant il me paraît évident que j'ai toujours été mon principal bourreau. Plus jeune je bloquais sur certaines citations de Jésus, en particulier celle-ci: "Voici que je suis venu faire ta volonté". J'avais le sentiment que faire la volonté de Dieu, c'était donner ce que j'avais de plus précieux, c'était sacrifier ce qui me rendait unique. Finalement ce que je croyais être un précieux trésor était ma pire malédiction. Accomplir la volonté de l'égo ça ne m'a jamais rendu unique, en fait c'est très banal et c'est ce que nous faisons pratiquement tous. De son côté Jésus en accomplissant la volonté de Dieu, il fait encore parler de lui 2'000 ans après sa mort...

Confier sa volonté à Dieu, c'est brancher l'avion en mode pilote automatique, après vous pouvez vous détendre, mettre les mains derrière la tête, vous servir un cocktail et regarder le paysage défiler en toute décontraction, quelles que soient les conditions météorologiques. Dieu dit dans la bible "vous portez un fardeau trop lourd pour vos épaules, alors qu'en faisant ma volonté vos charges seraient légères". Dans mon cas ça fait 33 ans que je porte un fardeau beaucoup trop lourd et je suis de plus en plus décidé à m'en séparer.

Seulement le problème c'est que faire la volonté de Dieu ne peut être un choix. Si vous décidez de faire la volonté de Dieu, alors vous êtes toujours dans votre propre volonté ;-) (voir mon message "La double contrainte pour en finir avec la quête spirituelle"). J'ai le sentiment que la seule chose à faire c'est d'être conscient des résultats catastrophiques que produisent régulièrement notre volonté propre, ainsi s'opère une sorte de lâcher prise naturelle envers l'égo pour se tourner vers une énergie supérieure et aussi plus subtile. A mon avis c'est pour cela que beaucoup de religions semblent en apparence glorifier la souffrance, non pas que la souffrance est bonne en soi, mais c'est la seule chose qui peut nous faire prendre conscience de la bêtise de certains de nos comportements.

On m'a transmis récemment une prière (voir extrait ci-dessous) qui m'a beaucoup inspiré. Notamment une phrase qui m'a fait "TILT" et qui disait: "tu seras le serviteur inutile". Cette phrase qui peut sembler en apparence négative a été pour moi une sorte de bénédiction, et je me la répète presque tous les jours, surtout lorsque je sens mon égo s'emballer. Etre le serviteur de l'inutile ce n'est pas une tare, au contraire c'est arrêter de se prendre la tête sur tout et n'importe quoi.

"Aime-moi tel que tu es. Je veux l’amour de ton cœur indigent ; si pour M’aimer, tu attends d’être parfait, tu ne M’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté, faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créé ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ?
Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant, ces êtres merveilleux et leur préférer ton pauvre amour !
C’est le chant de ton cœur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ?
Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait ; ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses ; non tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour.
Aime ! L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherches qu’à remplir le moment présent de ton amour.
Je veux que tu penses à Moi, à chaque heure du jour et de la nuit. Je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.
Mais souviens-toi : aime-moi tel que tu es. N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais." L'auteur de ce texte n'a pu être identifié.

jeudi 14 avril 2011

Dieu c'est quoi pour toi?

Mon dernier passage commence à vraiment dater, il est temps de souffler sur mon bureau pour enlever la poussière, de décrocher les toiles d'araignées et de reprendre ma plume virtuelle pour poster un message de feu de dieu!

Je vais  relater une rencontre intéressante et aussi légèrement insolite en guise d'introduction. J'attendais dans un bar le dernier train pour rentrer chez moi, là je sympathise avec un autre client. On discute un moment de tout et de rien, puis nos discutions sont devenues plus philosophiques et spirituelles, chacun semblait tester l'autre et découvrir avec un certain étonnement que nous étions sur le même créneau.
Pour l'anecdote la discution s'est tellement emballée (la bière jouant son rôle de catalyseur ;-)... ) que j'ai loupé mon train et du prendre le premier du matin.
Depuis cette soirée nous avons continué à dialoguer par e-mails. Parfois je parle de Dieu pour exprimer mes idées, et un jour mon ami m'a répondu que le mot "Dieu" le faisait grincer des dents. Je réalise que beaucoup de gens qui semblent partager mes idées me regardent bizarrement quand je parle de Dieu. Du coup il me semble intéressant de donner quelques précisions sur le Dieu que j'évoque si souvent sur ce blog.

Le Dieu dont je parle n'appartient à aucun courant religieux, et il n'a ni forme ni visage. En réalité le Dieu dont je parle est très accessible, aucune voie spirituelle, aucune ascèse, aucune pratique n'est requise pour le rencontrer. Vous voulez savoir comment fixer un rendez-vous à ce drôle de Dieu? Facile... regardez l'heure qu'indique votre montre, c'est l'heure de votre rendez-vous avec le divin, cette heure s'appelle "maintenant". Où a lieu le rendez-vous? Là encore c'est très facile, regardez juste vos pieds, le rendez-vous se déroule "ici". Vous aurez peut-être compris là où je veux en venir, la rencontre avec Dieu se déroule dans l'éternel instant présent. Il n'y a pas d'autre endroit possible, et cette rencontre avec le divin chaque être humain l'a probablement vécue plusieurs fois dans sa vie sans même le réaliser.

Car rencontrer Dieu ça ne veut pas dire que notre mental devient omniscient, c'est tout le contraire. Dieu et l'éternel instant présent se manifestent quand le petit "moi" reconnaît sa totale nullité et impuissance à percer les secrets de l'univers. Affranchi de la tyrannie de l'égo, votre pouvoir en est décuplé. Dans l'instant présent vous marchez sur l'eau, vous transformez l'eau en vin, vous comprenez des langues que vous n'avez jamais apprises, mais comme l'a dit Jésus: "ce n'est pas moi qui accomplit les miracles, c'est le Père". L'instant présent n'est pas là pour transformer le petit "moi" en un super "Moi", il est là pour le dissoudre.

Quand je rentre intensément dans l'instant présent Dieu n'est plus un concept, c'est une réalité! Dans l'instant présent tout est teinté de magie, tout est facile, léger. Je dirai que dans l'instant présent tout est AMOUR. Et l'amour, n'est-ce-pas l'attribut principal de Dieu?

Pour terminer ce texte il me semble important de préciser que quand je parle de "rencontre avec Dieu", il faut savoir lire entre les lignes.  En réalité dans l'éternel instant présent il n'y a personne pour rencontrer personne, il ne reste plus que Dieu partout et en toute chose. Dans l'instant présent la non-dualité n'est plus un concept.

Finalement il y'a quelque chose de très amusant dans mon parcours. Pendant de longues années le petit Cédric a cherché Dieu en se demandant si il existait vraiment. Aujourd'hui l'existence de Dieu est devenue plus qu'évidente et c'est le petit Cédric qui est devenu très douteux et sujet à caution ;-)

"Le petit Karl s'est retrouvé devant le banc des accusés et a dû prouver son existence. Ce qu'il n'a pu faire. Le petit Karl n'a pas été en mesure de prouver son existence, et donc a été éliminé...
Ce à quoi nous avons affaire ici est le Jugement dernier. Parce que dans l'instant présent, le temps se trouve aboli. Seul subsiste le commencement. C'est le dernier jour temporel, où seul subsiste, et peut subsister, la source. Tout se trouve aboli hormis la source. C'est le sens qu'il faut donner au Jugement dernier décrit dans la Bible, lors duquel rien de temporel n'est accepté." Karl Renz

"Demandez l'heure à un arbre. Il sera bien embêté et vous répondra: euuuh il est maintenant! Existe-t-il autre chose que maintenant?" Eckart Tolle

vendredi 31 décembre 2010

Bilan de fin d'année

L'année 2010 arrive à son terme, il est donc temps de faire un petit bilan pour jeux2role.
Le site s'est bien développé en terme de contenu et de trafic, il apparaît désormais en première page de Google pour certaines occurrences intéressantes comme "blog spiritualité". Au niveau des membres, le site a carrément fait un saut quantique, passant de 1 à... 3 membres inscrits! :-)

Vu le formidable succès rencontré cette année, je me dis que je vais pouvoir rentabiliser mon blog. J'ai d'abord pensé à mettre de la pub Google, puis je me suis dit que j'allais coter le site en bourse et faire un appel d'offres. Finalement j'ai opté pour une troisième solution, à savoir dispenser des cours de spiritualité et de développement personnel. J'envisage 3 formules en fonction des budgets.

Formule light : l'idéal pour les petits budgets, réincarnation dans le monde des dieux garantie.

Formule classic : réincarnation promise entre la troisième et la septième terre pure de Bouddha.

Formule premium Gold : la plus onéreuse, elle vous garantit l'éveil et la fin du cycle des réincarnations. Avec en prime accès illimité au carré VIP du site!

Bien sûr avec moi vous êtes satisfait ou remboursé, si après votre décès vous n'êtes pas content, je m'engage à rembourser la totalité des cours.

Maintenant si je devais tirer un bilan personnel de cette année 2010, je dirais que comme d'habitude l'année ne s'est pas déroulée comme je le pensais ou comme je l'espérais. Mais c'était une bonne année quand même, je crois qu'il arrive toujours ce qui doit arriver, et en ce sens 2010 était une année parfaite comme chaque année du calendrier!

En tout cas je souhaite à tous les internautes qui fréquentent ce site, à tous ceux qui ont postés des commentaires ou qui m'ont écrit par mail, une excellente année 2011! Qu'elle vous apporte le meilleur (seul le meilleur nous convient). Pour finir une petite prière de Mère Teresa pour bien lancer l'année à venir :

La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est béatitude, savoure-la.
La vie est un rêve, fais en une réalité.
La vie est un défi, fais lui face.
La vie est un devoir, accomplis-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, prends en soin.
La vie est une richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est mystère, perce-le.
La vie est promesse, remplis-la.
La vie est tristesse, surmonte-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, prends la à bras le corps.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.

La vie est la vie, défends la.

mercredi 1 septembre 2010

Seconde lecture

Je crois que ça doit faire des années que je n'ai plus acheté de livres dédiés à la spiritualité ou au développement personnel. Non pas parce que je n'ai plus rien à apprendre, mais parce que j'ai réalisé que si j'étais capable d'appliquer un demi pourcent de la sagesse contenue dans ma bibliothèque, je serais un être accompli.

Parfois il m'arrive de relire des passages de livres qui m'ont particulièrement inspiré et je constate souvent avec étonnement que lors de ma première lecture je n'avais donné aucun intérêt à des enseignements pourtant essentiels. Je ne m'intéressais qu'aux textes traitant des grands mystères de l'univers: la vie, la mort, l'espace, le temps, le créé, le non-créé, la non-dualité etc. Ces lectures étaient difficilement applicables à mon quotidien mais je ressentais une certaine fierté à percer les mystères de l'univers.

En réalité je donnais de l'importance seulement aux enseignements faisant travailler l'esprit, et tout ce qui avait trait aux qualités du corps et du coeur je le zappais. Pourtant ce sont ces enseignements qui étaient vraiment susceptibles de transformer mon quotidien. Prendre soin de son corps à l'aide d'une bonne hygiène de vie, aller vers les autres et avoir une vie sociale de qualité, celà aurait vraiment changé ma vie. Mais je n'en avais pas du tout conscience ou quelque chose en moi ne voulait pas le voir...
Faire travailler son esprit sans travailler les qualités du coeur et du corps, c'est comme construire le toit d'une maison sur des fondations instables...ça ne peut pas marcher!

Mon erreur était finalement assez logique, je crois que j'ai toujours eu un esprit qui fonctionnait bien alors que j'étais plus déficient au niveau des qualités du coeur, et il est plus facile de travailler ses points forts que ses points faibles.

Longtemps, j'ai été inspiré par la sagesse orientale et des maîtres comme Ramana Maharshi, car leur enseignement était assez pointu et subtil. Paradoxalement la sagesse orientale m'a aidé à mieux comprendre ma propre religion, le christianisme. Et aujourd'hui je suis très admiratif devant des personnages comme soeur Emmanuelle, Mère Teresa ou l'Abbé Pierre. Ces personnages ont fait preuve durant leur vie d'admirables qualités de coeur, de volonté et de courage. Je sens qu'ils possèdent ce qu'il me manque!

"Ils voient mais ils ne regardent pas.
Ils entendent mais n'écoutent pas.
Ils savent mais ne comprennent pas."

jeudi 22 juillet 2010

Ma fille est un upa guru

L'été passé, j'étais en vacances dans le sud de la France avec ma fille. Je me souviens qu'un jour nous étions sur une plage où l'eau était particulièrement froide. J'avais très envie d'aller nager mais je n'arrivais pas à entrer dans l'eau au-delà des mollets tant l'eau était froide. J'ai commencé à faire des exercices de respiration yogiques et à conditionner mon esprit avec des phrases du genre: "ta nature ultime ne fait pas de préférence entre le chaud et le froid".
Malgré mon incroyable sagesse je restais bloqué au niveau des mollets, à ce moment ma fille m'a rejoint et m'a dit: "wouah elle est froide l'eau papa!!!". J'ai eu un sentiment de compassion envers ma fille et je me suis dit: "si pour un être d'une formidable sagesse comme toi c'est difficile, qu'est-ce que ça doit être pour un petite fille si fragile de 4 ans?". J'ai à peine eu le temps de finir ma réflexion que j'ai soudain entendu un grand "PLOUFFF". La petite s'était jeté à l'eau sans la moindre hésitation, et visiblement le froid ne lui posait aucun problème.

A ce moment ma fille s'est transformée en un upa guru, c'est-à-dire qu'elle m'a transmis un enseignement sans avoir le moindre statut de maître officiel. J'ai réalisé que toutes mes connaissances théoriques ne m'étaient d'aucun secours dans l'adversité, et que ma fille dans son innocence d'enfant était bien plus forte que moi. Cet épisode m'a rappelé une phrase de Jésus qui disait en gros: "Je glorifie Dieu pour avoir révélé aux plus petits ce qu'il a caché aux adultes". Les enfants ne contestent pas ce qui est, si l'eau est froide, ils l'acceptent totalement, et dans cette acceptation ils génèrent un énorme pouvoir, qui à un certain niveau les rend plus sages que bien des adultes.

Plus le temps passe et plus je réalise que tous ces merveilleux enseignements que m'ont transmis le christiannisme, le bouddhisme, l'hindouisme etc. n'étaient à la base pas nécessaires. Ils sont devenus nécessaires car j'ai perdu en grandissant ma faculté à être dans l'instant présent, à accepter la Vie telle qu'elle Est, à m'émerveiller. En réalité ce que j'ai gagné en connaissance, je l'ai perdu en spontanéité et en joie de vivre. Je remercie ma fille pour cette leçon, comme l'a dit Jacques Salomé: "nous croyons que nous devons aider nos enfants à grandir, mais en réalité ce sont eux qui nous aident à mûrir".


« C'est parce que nous avons rendu le simple si compliqué et le proche si lointain que les exercices si complexes, mandalas, méditation tantrique, création d'images mentales, yoga, etc. sont nécessaires. Pour réaliser l'infiniment proche un long cheminement est nécessaire. Toute une ascèse complexe est nécessaire pour traiter de tous les aspects de l'être humain, de tous les aspects de cette barrière que nous avons opposée à la vérité. Mais pour celui qui serait convaincu, qui saurait que Cela est si proche et si simple, toutes ces techniques qui sont le patrimoine du Bouddhisme tantrique, qui font son prestige, toute cette science serait complètement inutile.» (Kalou Rinpoché)

vendredi 11 juin 2010

La paix des vaches et le metagame

J'ai longtemps cherché au poker une sorte de martingale, c'est-à-dire une façon de jouer qui me procure des gains assurés.

J'ai beaucoup étudié ce jeu et je pense en avoir une très bonne compréhension technique, pourtant chaque fois que je me suis contenté d'appliquer la théorie mes résultats étaient mitigés voir même franchement mauvais. Mais quand je m'assois à une table en me disant: "oublie la théorie, et regarde ce qu'il se passe", j'ai de bons résultats! En réalité il y'a un principe qui va au-delà de la théorie que les joueurs de poker appellent le metagame.
Notre subconscient en observant un long moment le comportement des autres joueurs, va nous pousser à jouer des coups qui ne correspondent pas à ce que nous apprennent les livres. Et c'est ce qui distingue un grand champion d'un simple bon joueur.
Par exemple, vous possédez un jeu moyen, votre adversaire mise très fortement, la logique vous dit d'abandonner le coup, mais une petite voix issue de votre subconscient dit: "non, il y'a quelque chose d'anormal dans sa façon de jouer ce coup, il est en train de bluffer...". Parfois c'est le contraire, vous posséder un jeu énorme mais votre subconscient vous dit: "abandonne le coup, sinon tu vas y laisser ta chemise". Observer la table et écouter son instinct, c'est selon moi la clé de la réussite!

Dans la vie de tous les jours, j'ai longtemps fait la même erreur, je me disais que pour être gagnant il fallait avoir un bon travail sécurisé, une gentille femme, de beaux enfants qui réussissent bien leurs études. Mais comme l'a dit Arnaud Desjardins: "ne confondez pas la paix des vaches avec la paix de Dieu". Cet idéal d'une petite vie pépère n'existe pas dans notre société, et même si il existait il serait quelque part très fade!

Même si j'en bave parfois, je remercie Dieu de ne m'avoir jamais permis de trouver une martingale, ni dans le poker, ni dans la vie de tous les jours. Ce qui rend la vie excitante, c'est d'être toujours sur le fil du rasoir...

"Le guerrier donne le meilleur de lui-même, après que
ses actes soient une réussite ou un échec, cela ne le concerne plus." La roue du temps