mercredi 1 septembre 2010

Seconde lecture

Je crois que ça doit faire des années que je n'ai plus acheté de livres dédiés à la spiritualité ou au développement personnel. Non pas parce que je n'ai plus rien à apprendre, mais parce que j'ai réalisé que si j'étais capable d'appliquer un demi pourcent de la sagesse contenue dans ma bibliothèque, je serais un être accompli.

Parfois il m'arrive de relire des passages de livres qui m'ont particulièrement inspiré et je constate souvent avec étonnement que lors de ma première lecture je n'avais donné aucun intérêt à des enseignements pourtant essentiels. Je ne m'intéressais qu'aux textes traitant des grands mystères de l'univers: la vie, la mort, l'espace, le temps, le créé, le non-créé, la non-dualité etc. Ces lectures étaient difficilement applicables à mon quotidien mais je ressentais une certaine fierté à percer les mystères de l'univers.

En réalité je donnais de l'importance seulement aux enseignements faisant travailler l'esprit, et tout ce qui avait trait aux qualités du corps et du coeur je le zappais. Pourtant ce sont ces enseignements qui étaient vraiment susceptibles de transformer mon quotidien. Prendre soin de son corps à l'aide d'une bonne hygiène de vie, aller vers les autres et avoir une vie sociale de qualité, celà aurait vraiment changé ma vie. Mais je n'en avais pas du tout conscience ou quelque chose en moi ne voulait pas le voir...
Faire travailler son esprit sans travailler les qualités du coeur et du corps, c'est comme construire le toit d'une maison sur des fondations instables...ça ne peut pas marcher!

Mon erreur était finalement assez logique, je crois que j'ai toujours eu un esprit qui fonctionnait bien alors que j'étais plus déficient au niveau des qualités du coeur, et il est plus facile de travailler ses points forts que ses points faibles.

Longtemps, j'ai été inspiré par la sagesse orientale et des maîtres comme Ramana Maharshi, car leur enseignement était assez pointu et subtil. Paradoxalement la sagesse orientale m'a aidé à mieux comprendre ma propre religion, le christianisme. Et aujourd'hui je suis très admiratif devant des personnages comme soeur Emmanuelle, Mère Teresa ou l'Abbé Pierre. Ces personnages ont fait preuve durant leur vie d'admirables qualités de coeur, de volonté et de courage. Je sens qu'ils possèdent ce qu'il me manque!

"Ils voient mais ils ne regardent pas.
Ils entendent mais n'écoutent pas.
Ils savent mais ne comprennent pas."

jeudi 22 juillet 2010

Ma fille est un upa guru

L'été passé, j'étais en vacances dans le sud de la France avec ma fille. Je me souviens qu'un jour nous étions sur une plage où l'eau était particulièrement froide. J'avais très envie d'aller nager mais je n'arrivais pas à entrer dans l'eau au-delà des mollets tant l'eau était froide. J'ai commencé à faire des exercices de respiration yogiques et à conditionner mon esprit avec des phrases du genre: "ta nature ultime ne fait pas de préférence entre le chaud et le froid".
Malgré mon incroyable sagesse je restais bloqué au niveau des mollets, à ce moment ma fille m'a rejoint et m'a dit: "wouah elle est froide l'eau papa!!!". J'ai eu un sentiment de compassion envers ma fille et je me suis dit: "si pour un être d'une formidable sagesse comme toi c'est difficile, qu'est-ce que ça doit être pour un petite fille si fragile de 4 ans?". J'ai à peine eu le temps de finir ma réflexion que j'ai soudain entendu un grand "PLOUFFF". La petite s'était jeté à l'eau sans la moindre hésitation, et visiblement le froid ne lui posait aucun problème.

A ce moment ma fille s'est transformée en un upa guru, c'est-à-dire qu'elle m'a transmis un enseignement sans avoir le moindre statut de maître officiel. J'ai réalisé que toutes mes connaissances théoriques ne m'étaient d'aucun secours dans l'adversité, et que ma fille dans son innocence d'enfant était bien plus forte que moi. Cet épisode m'a rappelé une phrase de Jésus qui disait en gros: "Je glorifie Dieu pour avoir révélé aux plus petits ce qu'il a caché aux adultes". Les enfants ne contestent pas ce qui est, si l'eau est froide, ils l'acceptent totalement, et dans cette acceptation ils génèrent un énorme pouvoir, qui à un certain niveau les rend plus sages que bien des adultes.

Plus le temps passe et plus je réalise que tous ces merveilleux enseignements que m'ont transmis le christiannisme, le bouddhisme, l'hindouisme etc. n'étaient à la base pas nécessaires. Ils sont devenus nécessaires car j'ai perdu en grandissant ma faculté à être dans l'instant présent, à accepter la Vie telle qu'elle Est, à m'émerveiller. En réalité ce que j'ai gagné en connaissance, je l'ai perdu en spontanéité et en joie de vivre. Je remercie ma fille pour cette leçon, comme l'a dit Jacques Salomé: "nous croyons que nous devons aider nos enfants à grandir, mais en réalité ce sont eux qui nous aident à mûrir".


« C'est parce que nous avons rendu le simple si compliqué et le proche si lointain que les exercices si complexes, mandalas, méditation tantrique, création d'images mentales, yoga, etc. sont nécessaires. Pour réaliser l'infiniment proche un long cheminement est nécessaire. Toute une ascèse complexe est nécessaire pour traiter de tous les aspects de l'être humain, de tous les aspects de cette barrière que nous avons opposée à la vérité. Mais pour celui qui serait convaincu, qui saurait que Cela est si proche et si simple, toutes ces techniques qui sont le patrimoine du Bouddhisme tantrique, qui font son prestige, toute cette science serait complètement inutile.» (Kalou Rinpoché)

vendredi 11 juin 2010

La paix des vaches et le metagame

J'ai longtemps cherché au poker une sorte de martingale, c'est-à-dire une façon de jouer qui me procure des gains assurés.

J'ai beaucoup étudié ce jeu et je pense en avoir une très bonne compréhension technique, pourtant chaque fois que je me suis contenté d'appliquer la théorie mes résultats étaient mitigés voir même franchement mauvais. Mais quand je m'assois à une table en me disant: "oublie la théorie, et regarde ce qu'il se passe", j'ai de bons résultats! En réalité il y'a un principe qui va au-delà de la théorie que les joueurs de poker appellent le metagame.
Notre subconscient en observant un long moment le comportement des autres joueurs, va nous pousser à jouer des coups qui ne correspondent pas à ce que nous apprennent les livres. Et c'est ce qui distingue un grand champion d'un simple bon joueur.
Par exemple, vous possédez un jeu moyen, votre adversaire mise très fortement, la logique vous dit d'abandonner le coup, mais une petite voix issue de votre subconscient dit: "non, il y'a quelque chose d'anormal dans sa façon de jouer ce coup, il est en train de bluffer...". Parfois c'est le contraire, vous posséder un jeu énorme mais votre subconscient vous dit: "abandonne le coup, sinon tu vas y laisser ta chemise". Observer la table et écouter son instinct, c'est selon moi la clé de la réussite!

Dans la vie de tous les jours, j'ai longtemps fait la même erreur, je me disais que pour être gagnant il fallait avoir un bon travail sécurisé, une gentille femme, de beaux enfants qui réussissent bien leurs études. Mais comme l'a dit Arnaud Desjardins: "ne confondez pas la paix des vaches avec la paix de Dieu". Cet idéal d'une petite vie pépère n'existe pas dans notre société, et même si il existait il serait quelque part très fade!

Même si j'en bave parfois, je remercie Dieu de ne m'avoir jamais permis de trouver une martingale, ni dans le poker, ni dans la vie de tous les jours. Ce qui rend la vie excitante, c'est d'être toujours sur le fil du rasoir...

"Le guerrier donne le meilleur de lui-même, après que
ses actes soient une réussite ou un échec, cela ne le concerne plus." La roue du temps

mardi 25 mai 2010

50 sec inside

Quand je viens écrire sur ce blog, j'ai parfois le sentiment de tromper mon lectorat. Les quelques personnes à qui j'ai osé montrer mon blog m'ont toujours fait des commentaires positifs, elles pensent que je suis quelqu'un de raisonné avec la tête bien sur les épaules. Dans certains de mes messages, je n'hésite pas à donner la marche à suivre et je prends le rôle du guide. Dans le monde matériel le rôle suprême est d'être un chef d'entreprise, et dans le monde spirituel il n'y a rien de plus jouissif que de jouer le rôle de gourou. Mais ça reste un rôle, et qui dit rôle dit illusion...

Par honnêteté et aussi parce que je trouve ça assez amusant, j'aimerai faire rentrer les internautes 50 secondes dans ma tête. Ce qui devrait assez vite démystifier le personnage :-)

Voila ce qui se passe le matin à mon réveil. Il y'a d'abord une demie seconde de pure magie, l'esprit s'éveille, il redécouvre le monde avec le regard d'un petit enfant. Puis après cette demie seconde de magie, le dialogue commence dans ma tête et ça donne quelque chose du genre:

Pffffff j'ai pas envie de me lever pour aller bosser...
Tiens n'oublie pas d'acheter du pain aujourd'hui...
Ralala je sens que la patronne va encore me tomber dessus...
Un pain couronne ou une baguette?
Elle ne se rend pas compte j'ai que 2 bras et 2 jambes, je ne peux pas être au four et au moulin en même temps...
Wah c'était super la soirée avec Martin et Sophie...
L'autre jour j'ai pris un pain couronne cette fois je vais prendre une baguette...
Sacré déconneur quand même ce Martin...
Si ma cheffe me fait encore une remarque cette fois je me laisserai pas faire...
Et si j'essayais un pain paillasse pour changer?
Faudrait que je réinvite Sophie et Martin un de ces quatre...
etc. etc. etc...

Vous êtes déjà saoulé après quelques secondes? Ben chez moi ce genre de dialogue décousu sans queue ni tête se déroule du matin jusqu'au soir. J'ai lu dans un magazine que l'être humain génère environ 60'000 pensées par jour, moi je génère 59'999 pensées stupides par jour (il doit quand même y en avoir une de qualité dans le lot).

Ce que j'adore aussi dans mon mental, c'est ce besoin de tout s'approprier. Par exemple le matin, je me lève, j'ouvre les stores, un magnifique soleil s'offre à moi, je baigne dans une lumière féérique... et là mon mental ne peut s'empêcher de formuler une reflexion incroyablement profonde: "tiens il fait beau aujourd'hui!". C'est sûr que sans cette pensée mon être n'aurait pas compris qu'il faisait beau, merci le mental!!!

Une autre situation intéressante: j'ai soif, je me lève pour chercher un verre d'eau. Une fraction de seconde après que je me sois levé, mon mental réagit en disant "j'ai soif, il faut boire un verre d'eau". Et le pire c'est que le mental est convaincu que c'est lui qui a généré l'action.

A la base le mental n'est qu'un outil qui sert par exemple à calculer une facture ou définir un itinéraire. Mais dans mon cas (et je soupçonne que ce soit le cas chez la pluspart des humains), l'outil a clairement pris le contrôle du maître. Cette petite voix qui s'agite toute la journée dans ma tête, j'ai longtemps cru que c'était ma meilleure amie. En réalité elle est la source de toutes mes souffrances. Quand je pête les plombs au poker (lire l'article OVI), ou dans n'importe quelle situation, ce ne sont jamais les circonstances extérieures qui me poussent à bout. C'est cette petite voix qui résonne en moi inlassablement...

lundi 19 avril 2010

La guerre des mondes

Il y'a quelques jours pendant mon travail, j'ai assisté à un débat entre 2 collègues que j'ai trouvé assez didactique. D'un côté il y'avait une collègue qui tentait de façon laborieuse un travail d'évangélisation, et de l'autre une collègue qui visiblement n'avait aucune affinité avec le religieux. Sans rentrer dans les détails du débat, il était évident que chacune vivait dans son monde. L'une représentait le monde de Dieu ou du spirituel, et l'autre le monde des hommes ou du matériel. A les entendre parler il semblait que ces 2 mondes étaient totalement hermétiques, qu'aucune passerelle ne permettait de les connecter.

J'ai trouvé ce débat intéressant dans le sens qu'il reflète ma propre vie et mes propres errements. Enfant, même si je me posais beaucoup de questions sur Dieu et sur la Vie, j'ai été complétement conditionné par le monde des hommes. Quand j'ai compris que je n'arrivais pas à m'imposer dans ce monde, plein de frustrations je me suis tourné vers le divin en me disant que ce serait la solution. Effectivement au début j'ai eu l'impression de découvrir un formidable trésor, j'ai eu le sentiment d'être une sorte d'élu. Mais très vite ma lune de miel avec le spirituel s'est transformé en chemin de croix. Plus je cherchais l'éveil spirituel, plus je me déconnectais du monde des hommes. Ma vie devenait complètement dissolue, à tel point que j'ai du me rendre à l'évidence suivante: "j'ai beau tout savoir sur Dieu, je suis encore plus mal dans mes baskets qu'avant".

Le danger avec les religions, c'est qu'elles peuvent créer des séparations illusoires dans nos têtes. Chez les chrétiens il y'a le royaume de dieu et le monde des hommes, chez les bouddhistes le nirvana et le samsara, chez les chamanes le monde des esprits et le monde des hommes etc.
L'erreur c'est de croire qu'il faut quitter un monde pour rejoindre l'autre. Alors qu'en réalité ces 2 mondes s'interpénètrent totalement, il n'est pas possible de dissocier le relatif de l'ultime, de même qu'il n'est pas possible de dissocier les vagues de la mer.

A l'image du Bouddha historique, qui s'est réalisé lorsqu'il a recommencé à prendre soin de son corps, ma vie s'est enfin améliorée lorsque j'ai cherché à concilier mes besoins matériels avec mes aspirations spirituelles.
Je crois qu'un des buts de ce blog, c'est de faire tomber les barrières entre le matériel et le spirituel, entre l'humain et le divin, entre le relatif et l'absolu. Peut-être même qu'un jour j'arriverai à faire tomber l'ultime barrière qui consiste à séparer le bien du mal...

"Soyez dans le monde, mais ne soyez pas du monde"

A lire aussi: La fin de la jolie histoire

jeudi 8 avril 2010

Le chêne et le roseau

C'est chouette de vouloir devenir quelqu'un, de jouer un rôle important dans la société. Nous voulons tous devenir quelqu'un pour exister aux yeux des autres, pour exister face à notre propre regard. Mais que signifie devenir quelqu'un? En général être quelqu'un signifie toujours être plus que ce que je suis maintenant. Etre plus intelligent, plus beau, plus jeune, plus riche, plus charismatique...

En réalité vouloir devenir quelqu'un, c'est rejeter ce que je suis vraiment ici et maintenant. Et qu'est ce que je suis ici et maintenant? Un être vulnérable, un être qui comme un roseau plie dès que la tempête arrive. Hélas le mental n'apprécie guère cette vulnérabilité, il veut être plus fort que la tempête, il veut être plus fort que la vie... alors il décide de changer sa nature de roseau pour devenir un chêne bien dur, comme dans la fable de La Fontaine, et enfin devenir quelqu'un!
Quand la tempête arrive, certes le chêne ne plie pas, mais sa structure commence à craquer de partout. Il se retrouve soudain rempli de tensions, et si la tempête prend plus d'ampleur il risque de casser pour de bon. Alors que le roseau, dans sa totale vulnérabilité, ne risque jamais d'atteindre son point de rupture...il danse avec le vent, il danse avec la vie...

Vouloir devenir quelqu'un est une chimère, vouloir devenir quelqu'un c'est créer une surchauffe dans une machine parfaitement huilée...vouloir devenir quelqu'un c'est chercher à clarifier ce qui est déjà limpide...


" Il est bien plus drôle de chasser lorsqu'on ignore dans quel buisson se cache le lapin." La roue du temps

vendredi 26 mars 2010

Que se passe-t-il après la mort?

J'aime bien le titre de ce message, je pense qu'il est assez racoleur et devrait créer un peu de trafic sur mon blog.

Plus sérieusement, je crois que nous nous sommes tous demandé un jour ce qu'il adviendra après notre mort. Cette question est souvent le moteur de toute quête spirituelle. J'avais écrit dans un message précédent que nous étions un peu comme des ados accro au jeu World Of Warcraft. Je vais reprendre l'exemple du jeu vidéo pour parler de la mort.

Imaginons que notre vie est celle d'un personnage d'un jeu vidéo. Le personnage arrive à la fin du level 10 et se fait tuer par le grand boss final. Que se passe-t-il après? Rien... le jeu est fini, c'est game over!!! Cette vision est la vision athée et elle est tout à fait légitime...
Mais il est toujours possible de commencer une nouvelle partie avec un nouveau personnage qui va tenter une nouvelle variante pour battre le grand méchant du level 10. Ceci est la vision religieuse et elle est tout à fait légitime aussi...

Maintenant plaçons nous au niveau de celui qui tient la manette de la console de jeu. Demandons lui ce qui va lui arriver quand le personnage du jeu va mourir. Il sera bien embêté et vous répondra: "je ne comprends pas votre question, je suis en dehors du jeu, je suis intemporel, la question de la vie et de la mort ne se pose pas pour moi. Il ne peut rien m'arriver et il ne m'arrivera jamais rien!!!".

Conclusion: la question de la mort est une fausse question. Elle se pose lorsque nous sommes trop identifiés au jeu au point d'en oublier notre vraie nature. Les visions athées ou religieuses de la mort sont légitimes lorsque nous vivons dans l'illusion du jeu de la vie. Mais au niveau de Dieu, la question ne se pose pas. Or nous sommes tous divins...

"Je ne sais pas ce qu'est la vie après la mort du corps, mais j'ai vu qu'elle était éternelle." Thierry Vissac

"Tout ce que je sais, c'est que ce que je suis précède le temps." Karl Renz