Un peu plus bas j'ai posté un message sur les différences entre le bonheur et la jouissance, et notre tendance à confondre les 2. Dans le même registre je trouve intéressant de distinguer la douleur de la souffrance, car là aussi la nuance est subtile.
Voici comment je vois les choses. La douleur c'est avant tout une perception physique, c'est un simple signal d'alarme de notre corps quand il est menacé. Traîté comme tel, c'est-à-dire une pure perception parmi l'infinité de perceptions que peut nous offrir la vie, la douleur n'est pas si problèmatique. En réalité les ennuis commencent juste après la sensation de douleur, lorsque le mental s'approprie le phénomène en disant "ceci est ma douleur, je suis blessé, je suis en danger etc.". A ce moment la situation devient intolérable, car nous avons transformé la douleur en souffrance. Je dirai que la souffrance se manifeste chaque fois qu'un "moi" s'approprie les perceptions de douleur. La douleur est physique alors que la souffrance est mentale. Pour illustrer ce que je viens de dire, nous avons déjà tous vu un jour ou l'autre un petit enfant courir et se casser la figure. En général dans les premiers instants qui suivent le choc l'enfant ne va ni crier ni pleurer, mais lorsqu'il voit son petit genou écorché ou la tête catastrophée de ses parents, la pensée "je suis tombé, je me suis fait bobo" se met en marche et les pleurs de l'enfant avec.
Ce qui est terrible en devenant adulte, c'est que nous n'avons même plus besoin de ressentir une douleur physique pour être rempli de souffrance. Nous sommes remplis de souffrance lorsque notre petite amie nous quitte, lorsqu'on ne peut pas s'acheter le nouveau gadget à la mode, losque notre équipe de foot de foot préférée a perdu, en fait nous sommes remplis de souffrance chaque fois qu'un événement vient bousculer notre histoire personelle. Mais la folie de la situation, c'est qu'il n'y a pas d'histoire personnelle, il n'y a rien à défendre ou protéger!
On dit que l'enfer c'est les autres. Mais en réalité l'enfer c'est soi-même, nous sommes nos propres bourreaux.
lundi 16 novembre 2009
Différencier la souffrance de la douleur
Libellés :
développement personnel,
psychologie
mercredi 4 novembre 2009
Etre 5 minutes seul avec soi-même
Y'a quelques jours en regardant la télévision suisse romande, je suis tombé sur une émission qui parlait de l'importance de la musique dans notre vie quotidienne. Le témoignage d'une jeune femme m'a interpellé. Elle expliquait qu'elle avait pris l'habitude d'écouter son lecteur MP3 pendant ses trajets en bus et lorsqu'elle n'avait pas son lecteur, elle ressentait une sensation de manque.
Ce témoignage m'a interpellé parce que j'avais pris la même habitude lors de mes déplacements en bus. Mais ce besoin d'occuper à tout prix nos "temps morts" est une vraie maladie de l'homme moderne. Nous ne sommes plus capable de rester seul avec nous-même 5 minutes. Le silence, le calme et le recueillement nous effraient. Pourtant un jour j'ai fini par en avoir marre d'écouter mon lecteur MP3, comme je ne savais pas quoi faire, je restais silencieux à regarder le paysage défiler, à regarder les gens monter et descendre. Dans ce silence est né une paix intérieure, mais aussi une communion avec le monde. Alors qu'avec mes écouteurs j'étais coupé du monde et des autres, j'étais seul dans ma bulle musicale.
Depuis j'écoute rarement mon lecteur MP3 dans les transports publics, j'ai appris à aimer le silence et les bruits "simples" de la vie. Ce qui ne veut pas dire que je n'écoute plus mon lecteur MP3, disons plutôt que j'en fais une meilleure utilisation. Il arrive que je ressente le besoin de m'évader, de me calmer ou au contraire parfois de sortir de ma torpeur. Et la musique peut m'aider à atteindre l'état que je recherche.
Ce témoignage m'a interpellé parce que j'avais pris la même habitude lors de mes déplacements en bus. Mais ce besoin d'occuper à tout prix nos "temps morts" est une vraie maladie de l'homme moderne. Nous ne sommes plus capable de rester seul avec nous-même 5 minutes. Le silence, le calme et le recueillement nous effraient. Pourtant un jour j'ai fini par en avoir marre d'écouter mon lecteur MP3, comme je ne savais pas quoi faire, je restais silencieux à regarder le paysage défiler, à regarder les gens monter et descendre. Dans ce silence est né une paix intérieure, mais aussi une communion avec le monde. Alors qu'avec mes écouteurs j'étais coupé du monde et des autres, j'étais seul dans ma bulle musicale.
Depuis j'écoute rarement mon lecteur MP3 dans les transports publics, j'ai appris à aimer le silence et les bruits "simples" de la vie. Ce qui ne veut pas dire que je n'écoute plus mon lecteur MP3, disons plutôt que j'en fais une meilleure utilisation. Il arrive que je ressente le besoin de m'évader, de me calmer ou au contraire parfois de sortir de ma torpeur. Et la musique peut m'aider à atteindre l'état que je recherche.
lundi 2 novembre 2009
Distinguer le bonheur de la jouissance
Toute ma vie j'ai cherché le bonheur. Je réalise que j'ai méchammment confondu le bonheur et la jouissance. On peut facilement confondre les 2 alors qu'en réalité leur essence est radicalement opposée. Voici une petite liste non exhaustive et très personelle des différences entre le bonheur et la jouissance.
Pour moi le bonheur c'est avant tout un sentiment/perception de paix, un sentiment de faire Un avec la Vie. Et c'est surtout un sentiment d'amour, un amour total pour ce qui se manifeste ici et maintenant. Alors que la jouissance est un sentiment d'excitation, qui crée une séparation entre moi et le monde, entre moi et les autres. Derrière la jouissance se cache le besoin de contrôler le monde, le besoin de contrôler et de dominer les autres.
Le bonheur rend libre, car le vrai bonheur n'a aucune cause, il ne dépend pas des conditions extérieures. Alors que la jouissance nous rend esclave, car elle est toujours dépendante d'une cause externe à nous-même.
Le bonheur est altruiste, les gens heureux transmettent des ondes positives à tout leur entourage. Alors que la jouissance est un sentiment profondément égoiste, qui nous pousse à manipuler les autres pour arriver à ses fins.
Je vais conclure ce post en disant que ce n'est pas tout à fait exact que le bonheur n'a aucune cause. La seule cause du bonheur c'est de pouvoir dire "Oui je suis, j'existe!". Le simple fait d'être vivant, d'être doté d'une conscience, est le plus grand des miracles.
Pour moi le bonheur c'est avant tout un sentiment/perception de paix, un sentiment de faire Un avec la Vie. Et c'est surtout un sentiment d'amour, un amour total pour ce qui se manifeste ici et maintenant. Alors que la jouissance est un sentiment d'excitation, qui crée une séparation entre moi et le monde, entre moi et les autres. Derrière la jouissance se cache le besoin de contrôler le monde, le besoin de contrôler et de dominer les autres.
Le bonheur rend libre, car le vrai bonheur n'a aucune cause, il ne dépend pas des conditions extérieures. Alors que la jouissance nous rend esclave, car elle est toujours dépendante d'une cause externe à nous-même.
Le bonheur est altruiste, les gens heureux transmettent des ondes positives à tout leur entourage. Alors que la jouissance est un sentiment profondément égoiste, qui nous pousse à manipuler les autres pour arriver à ses fins.
Je vais conclure ce post en disant que ce n'est pas tout à fait exact que le bonheur n'a aucune cause. La seule cause du bonheur c'est de pouvoir dire "Oui je suis, j'existe!". Le simple fait d'être vivant, d'être doté d'une conscience, est le plus grand des miracles.
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développement personnel,
psychologie
dimanche 11 octobre 2009
double combo
Ce qui est amusant avec les doctrines spirituelles, c'est que bien interprétées elles peuvent être très puissantes. Mais avec un peu de malice (ou de perversion) et en les sortant de leur contexte, on peut leur faire dire des trucs complètement délirants et absurdes.
Le Dalaï Lama qui était y'a pas longtemmps en visite en Suisse, parle très souvent de l'égoisme intelligent. C'est-à-dire qu'il est légitime de chercher son bonheur personnel, mais qu'il faut le faire de manière intelligente, sans faire du mal autour de nous pour arriver à ses fins. En même temps, une des bases de l'enseignement bouddhiste, c'est l'illusion du moi. C'est-à-dire qu'il n'existe pas d'entité séparée du reste, qu'il n'existe pas d'entité intrinsèque.
Maintenant si on combine les propos du Dalaï Lama à la doctrine bouddhiste, on arrive à une situation que je trouve très amusante où: "un moi qui n'existe pas doit pratiquer un égoisme intelligent" :-)))
Le Dalaï Lama qui était y'a pas longtemmps en visite en Suisse, parle très souvent de l'égoisme intelligent. C'est-à-dire qu'il est légitime de chercher son bonheur personnel, mais qu'il faut le faire de manière intelligente, sans faire du mal autour de nous pour arriver à ses fins. En même temps, une des bases de l'enseignement bouddhiste, c'est l'illusion du moi. C'est-à-dire qu'il n'existe pas d'entité séparée du reste, qu'il n'existe pas d'entité intrinsèque.
Maintenant si on combine les propos du Dalaï Lama à la doctrine bouddhiste, on arrive à une situation que je trouve très amusante où: "un moi qui n'existe pas doit pratiquer un égoisme intelligent" :-)))
La double contrainte pour en finir avec la quête spirituelle
Le chercheur spirituel est en permanence soumis à une double contrainte, qui le bloque dans un cercle vicieux. Par exemple un bon chrétien cherche à faire la volonté de Dieu, mais vouloir accomplir la volonté de Dieu, c'est garder sa propre volonté. Le seul moyen de faire la volonté de Dieu, c'est de ne pas avoir de volonté propre, même (et surtout) celle de vouloir servir le Seigneur.
Le bon bouddhiste, lui aura plutôt tendance à vouloir atteindre l'éveil et posséder la nature de Bouddha. Pourtant nous possédons déjà tous la nature de Bouddha. Vouloir atteindre l'éveil, c'est vouloir posséder quelque chose qui nous appartient déjà.
Certains grands philosophes et penseurs mettent l'accent sur l'importance d'être dans l'instant présent. Mais dès que vous partez en quête de l'instant présent, vous n'y êtes justement pas!
Pourtant malgré ce que je viens de dire, si vous ne cherchez pas à faire la volonté de Dieu, vous êtes damné...pourtant malgré ce que je viens de dire, si vous ne cherchez pas à vous éveiller, vous êtes damné... pourtant malgré ce que je viens de dire, si vous ne cherchez pas l'instant présent, vous êtes damné.
Cette double contrainte va épuiser le chercheur spirituel. Il va tellement s'épuiser qu'il va commencer à lâcher prise, il finira par tellement lâcher prise qu'il en deviendra transparent...tellement transparent que Dieu, Bouddha et l'instant présent pourront enfin se manifester totalement dans son Etre.
Le bon bouddhiste, lui aura plutôt tendance à vouloir atteindre l'éveil et posséder la nature de Bouddha. Pourtant nous possédons déjà tous la nature de Bouddha. Vouloir atteindre l'éveil, c'est vouloir posséder quelque chose qui nous appartient déjà.
Certains grands philosophes et penseurs mettent l'accent sur l'importance d'être dans l'instant présent. Mais dès que vous partez en quête de l'instant présent, vous n'y êtes justement pas!
Pourtant malgré ce que je viens de dire, si vous ne cherchez pas à faire la volonté de Dieu, vous êtes damné...pourtant malgré ce que je viens de dire, si vous ne cherchez pas à vous éveiller, vous êtes damné... pourtant malgré ce que je viens de dire, si vous ne cherchez pas l'instant présent, vous êtes damné.
Cette double contrainte va épuiser le chercheur spirituel. Il va tellement s'épuiser qu'il va commencer à lâcher prise, il finira par tellement lâcher prise qu'il en deviendra transparent...tellement transparent que Dieu, Bouddha et l'instant présent pourront enfin se manifester totalement dans son Etre.
jeudi 1 octobre 2009
Arrêter un peu la lutte
Je travaille le matin comme vendeur dans un centre commercial. L'autre jour j'écoutais les conversations d'un groupe de personnes âgées. En fait ces gens avaient visiblement la même philosophie que Sarkozy, à la sauce helvétique: "La Suisse tu l'aimes ou tu la quittes". Le but de ce message n'est pas de faire de l'angélisme, et je suis d'accord que l'immigration est un sujet délicat. Mais j'étais étonné de voir à quel point ces personnes âgées semblaient obsédées par la question des étrangers, et dans mon fort intérieur, je me disais: "bon sang vous en êtes toujours là, vous êtes toujours en lutte contre le monde!". J'avais envie de leur dire que Dieu pouvait les rappeler à chaque instant, qu'il était temps d'arrêter la lutte extérieure et de commencer la lutte intérieure.
Pourquoi se fatiguer à vouloir changer un monde sur lequel nous n'avons si peu d'emprise, la seule chose sur laquelle nous avons une réelle emprise...c'est nous-même!
Pourquoi se fatiguer à vouloir changer un monde sur lequel nous n'avons si peu d'emprise, la seule chose sur laquelle nous avons une réelle emprise...c'est nous-même!
mardi 29 septembre 2009
Le libre arbitre
Saint Paul se plaignait de ne pas faire le bien qu'il voulait faire, et de faire le mal qu'il ne voulait pas faire. Ce "déchirement", j'ai souvent le sentiment de le vivre.
Quelle liberté avons-nous sur nos actes, nos pensées, nos sentiments ?
Tous les courants religieux nous exhortent à pratiquer le bien, mais personnellement je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui veuille faire consciemment du mal. Des gens qui produisent des actes négatifs en totale inconscience, j’en vois régulièrement, mais en totale conscience jamais.
A un certain niveau, j'ai l'impression d'avoir un parfait contrôle sur mes choix. Et à un autre niveau, j'ai aussi le sentiment que tout se fait tout seul, et que finalement je n'ai absolument aucun contrôle.
Je pense qu'il n'est pas vraiment possible de résoudre cette question du libre arbitre avant d'avoir touché sa vraie nature. Probablement que le libre arbitre est une fausse question, et l'impression de choisir son destin n'existe que dans la dualité...que lorsqu'il existe un "moi" séparé du monde.
Quelle liberté avons-nous sur nos actes, nos pensées, nos sentiments ?
Tous les courants religieux nous exhortent à pratiquer le bien, mais personnellement je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui veuille faire consciemment du mal. Des gens qui produisent des actes négatifs en totale inconscience, j’en vois régulièrement, mais en totale conscience jamais.
A un certain niveau, j'ai l'impression d'avoir un parfait contrôle sur mes choix. Et à un autre niveau, j'ai aussi le sentiment que tout se fait tout seul, et que finalement je n'ai absolument aucun contrôle.
Je pense qu'il n'est pas vraiment possible de résoudre cette question du libre arbitre avant d'avoir touché sa vraie nature. Probablement que le libre arbitre est une fausse question, et l'impression de choisir son destin n'existe que dans la dualité...que lorsqu'il existe un "moi" séparé du monde.
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